L’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon a intensifié samedi ses attaques à l’encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu, disant qu’il était impossible que le Premier ministre ne soit pas impliqué dans le scandale des accords navals passés avec l’entreprise allemande ThyssenKrupp représentant des milliards de shekels.

Même si la police a souligné que Netanyahu n’est pas suspect dans l’enquête, Yaalon est en campagne pour faire reconnaître l’implication du Premier ministre dans cette affaire.

« La première fois où je suis tombé sur un cas de [corruption], c’était avec Netanyahu en 2016 quand la question des sous-marins est apparue », a commenté Yaalon lors d’un événement culturel organisé dans la ville de Raanana, dans le centre du pays.

Ces dernières semaines, la police a arrêté et interrogé plusieurs personnes soupçonnées de corruption dans l’accord, notamment le cousin de Netanyahu qui est également son avocat personnel. David Shimron a ainsi été interrogé à quatre reprises sur le scandale et fait dorénavant l’objet d’une assignation à domicile.

Avriel Bar-Yosef, ancien vice-président du Conseil de sécurité nationale sous Netanyahu, a également été interrogé jeudi pour la quatrième fois et son placement en garde à vue a été prononcé durant toute la durée de l’enquête. Il est soupçonné de pots de vin, de conspiration en vue d’un crime, de fraude, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent pour avoir recommandé à Israël d’acheter les sous-marins.

Parmi les autres suspects, Miki Ganor — représentant de ThyssenKrupp en Israël et client de Shimron – soupçonné de fraude, de blanchiment d’argent et de conspiration, ainsi qu’Eliezer Marom, un ancien chef de la marine.

Le chef d'état-major de l'armée Gadi Eisenkot, le ministre de la Défense de l'époque Moshe Yaalon, le président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie organisée pour l'arrivée du nouveau sous-marin 'Rahav' sur la base navale israélienne de Haïfa, le 12 janvier 2016 (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le chef d’état-major de l’armée Gadi Eisenkot, le ministre de la Défense de l’époque Moshe Yaalon, le président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie organisée pour l’arrivée du nouveau sous-marin ‘Rahav’ sur la base navale israélienne de Haïfa, le 12 janvier 2016 (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Yaalon a déclaré qu’il n’avait de prime abord soupçonné aucune malversation de la part de Netanyahu – même si le Premier ministre avait poussé à l’achat de vaisseaux supplémentaires malgré les objections faites par le chef d’état major Gadi Eisenkot et la marine, qui voulaient allouer l’argent à d’autres systèmes.

« [Même si] j’avais d’ores et déjà des soupçons sur certains suspects qui font aujourd’hui l’objet d’une enquête en raison des liens qu’ils entretenaient avec Ganor. J’étais conscient de ces relations mais je ne soupçonnais pas l’implication du Premier ministre », a-t-il dit.

Mais après son limogeage en 2016 par Netanyahu, il en est venu à penser que le Premier ministre était en effet impliqué dans l’affaire. « Est-ce qu’il n’est pas évident que quelque chose ne tourne pas rond là-dedans ? », a interrogé Yaalon. « Il est impossible que le Premier ministre n’ait pas été impliqué ».

Yaalon est devenu un critique fervent de Netanyahu, promettant de venir le défier lors des prochaines élections qui auront lieu en 2019.

Alors que le scandale de corruption connu sous le nom d’Affaire 3000 a gagné en ampleur cette dernière semaine, Yaalon a intensifié ses attaques contre Netanyahu, qualifiant de « corrompu » le Premier ministre et disant dans une interview accordée à CNN qu’il pense que le Premier ministre sera finalement inculpé dans ce dossier.

Netanyahu a nié toute malversation dans cette affaire et dans d’autres qui concernent d’éventuels soupçons de corruption soulevés par les liens douteux qu’il aurait entretenu avec des médias, des entreprises et des personnalités du milieu hollywoodien.

Le Procureur général Avichai Mandelblit a ordonné à la police de s’intéresser officiellement à l’affaire des sous marins en novembre 2016, après que des accusations aient émergé affirmant que Netanyahu aurait pu influencer l’achat de sous-marins en raison des liens commerciaux existant entre Shimron et ThyssenKrupp. A la fin de l’année dernière, la Dixième chaîne avait révélé que Shimron avait été conseiller de Ganor, représentant de ThyssenKrupp.

David Shimron, l'avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pendant une conférence de presse du Likud à Tel Aviv, en février 2015. (Crédit : Flash90)

David Shimron, l’avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pendant une conférence de presse du Likud à Tel Aviv, en février 2015. (Crédit : Flash90)

Netanyahu n’est pas soupçonné dans cette affaire. La police prévoit toutefois de le convoquer pour témoigner de ce qu’il sait dans le dossier et, très spécifiquement, pour savoir s’il avait connaissance des allégations de corruption à l’encontre de Bar-Yosef lorsqu’il avait cherché à le désigner à la tête du Conseil de sécurité nationale en 2016, a expliqué la Deuxième chaîne au début de la semaine dernière.

La candidature de Bar-Yosef avait été ultérieurement écartée lorsqu’il était apparu qu’il était soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin pour promouvoir les intérêts des hommes d’affaires allemands impliqués dans le développement des champs gaziers offshore d’Israël.

Parmi les autres suspects, l’avocat Ronen Shemer, qui avait également travaillé pour Ganor et qui est soupçonné d’avoir fait disparaître des documents. Sa détention préventive a été prolongée jusqu’à dimanche.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article