Concluant jeudi soir les événements du Yom Hashoah, le président Reuven Rivlin a invoqué les crimes de Boko Haram, et la récente attaque de l’État islamique sur un camp de réfugiés palestiniens en Syrie, dans un appel à Israël à ne pas fermer les yeux devant des atrocités se deroulant actuellement dans le monde.

Dans le même temps, le président de l’Union sioniste Isaac Herzog a déclaré qu’Israël ne devrait pas parler de lui-même à Yom HaShoah comme s’il était embourbé dans une crise existentielle, dans une pique au discours prononcé la veille par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans lequel ce dernier avait dit qu’il ne permettrait pas que l’Israël moderne ne soit qu’une « phase passagère ».

« L’Etat d’Israël et le peuple juif doivent s’efforcer de se tenir à la pointe de la lutte de l’humanité contre les propres excès de l’humanité … Nous ne fermerons pas les yeux devant les massacres à Yarmouk ou les actions de Boko Haram au Nigeria, » a déclaré Rivlin au cours d’une cérémonie au kiboutz Yad Mordechai.

« Nous devons travailler ensemble avec le concert des nations, à faire tout notre possible pour empêcher le déclin de l’humanité dans les profondeurs de la haine dans laquelle nos frères et sœurs ont été jetés ».

Le président fit référence aux récentes actions de l’État islamique et du régime d’Assad dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk en Syrie, dans lequel la plupart des 18 000 habitants ont été tués, et les meurtres de masse d’innocents par le groupe islamiste Boko Haram au Nigeria.

« Nous devons nous élever contre ceux qui ont perdu leur humanité et ont commis des génocides, où qu’ils soient », a ajouté Rivlin.

« La question qui devrait nous tourmenter tous aujourd’hui est de savoir si nous agirions comme les héros, les Justes parmi les Nations, ou devrions-nous rester les bras croisés ? Serions-nous prêts à sauver une seule âme, ou toute une famille ? »

Herzog, s’exprimant lors d’un autre événement, a critiqué le Premier ministre pour avoir ostensiblement semé le doute sur l’avenir d’Israël lors de son discours de mercredi soir.

Netanyahu avait comparé mercredi l’Iran aux nazis, et insisté que le monde n’avait pas appris les leçons de la Shoah, comme en témoigne l’accord-cadre sur le nucléaire conclu à Lausanne.

« Nous n’allons pas permettre à l’État d’Israël de devenir une phase passagère dans l’histoire de notre peuple », avait promis le Premier ministre.

En réponse, Herzog a déclaré : « A nos ennemis, je dis ce soir – ne nous testez pas. En parallèle, je pense que nous ne devons pas baser notre rhétorique le Jour de la commémoration de la Shoah sur des craintes existentielles. Nous ne pouvons pas entendre les préoccupations que nous serions une « phase passagère ».

Herzog, dont l’Union sioniste a perdu les élections du 17 mars face au Likud de Netanyahu, a déclaré que les Juifs ont construit une « patrie forte » en Israël, et que « [nous devons] croire en lui, et ne pas laisser la peur y couler sans fin ».