Les États-Unis ne seront jamais perçus positivement en Iran, même si un accord est signé avec les puissances mondiales sur le programme nucléaire de la République islamique, a déclaré dimanche le commandant des forces terrestres iraniennes.

Le général de brigade Ahmad Reza Pourdastan a affirmé qu’un rapprochement était hors de question et que l’ennemi « exploite les nations et leur met des chaînes », a indiqué l’agence de presse iranienne FARS.

« Les Etats-Unis pourraient arriver à un accord avec nous dans le cadre du P5 + 1 [les Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et la France et l’Allemagne], mais nous ne devrions jamais avoir une vision positive de l’ennemi », a déclaré Pourdastan.

« Notre inimitié avec eux se fonde sur les principes et est enracinée dans le fait que nous sommes pour la vérité et la liberté des nations alors qu’ils cherchent à exploiter les nations et leur mettre des chaînes », a-t-il ajouté.

Les négociateurs iraniens et du P5 + 1 poursuivent leurs efforts à Vienne pour parvenir à un accord sur le programme controversé du développement nucléaire en Iran, qui comprendrait, selon les craintes des puissances mondiales, le développement planifié des armes atomiques.

La date limite du 30 juin est passée sans qu’un accord n’ait été signé, mais les responsables eux-mêmes se sont accordés une semaine pour rédiger un pacte qui mettrait les armes nucléaires hors de portée immédiate de l’Iran, en échange de l’assouplissement des sanctions économiques paralysantes pour l’Iran.

Cependant, un haut responsable iranien, qui a souhaité garder l’anonymat et qui a pris part aux négociations sur le nucléaire, a déclaré dimanche que l’Iran n’a pas accepté d’expédier ses stocks d’uranium enrichi hors du pays et continuera son programme atomique, a informé Fars.

Il s’est référé à une annexe technique de 32 pages de l’accord nucléaire, dont 70 % a été complété, a-t-il expliqué.

« Selon l’annexe technique, toutes les activités nucléaires de l’Iran continueront », a affirmé l’officiel. Il couvre « la recherche et le développement du nucléaire, le centre d’enrichissement nucléaire Fordo, le réacteur à eau lourde d’Arak et le type des centrifugeuses qui seront utilisés par l’Iran pour la production d’isotopes stables », a-t-il précisé.

Le fonctionnaire a également rejeté le contenu des articles qui indiquaient que l’Iran allait envoyer à la Russie ses stocks d’uranium enrichi, qui pourraient être utilisés pour fabriquer un engin nucléaire, et a noté que d’autres options sont également sur la table, a précisé Fars. Parmi les alternatives possibles pour réduire les réserves d’uranium enrichi de l’Iran, un échange de l’uranium brut contre une compensation des coûts engendrés par l’enrichissement précédent ou de le vendre comme de l’excédent de carburant.

Une des puissances des P5 + 1 a déjà offert d’acheter le combustible nucléaire excédant, a affirmé le responsable iranien sans révéler quel pays avait fait l’offre.

Samedi, l’Associated Press a indiqué que les puissances et l’Iran avaient élaboré un projet de document sur le rythme et le calendrier de l’allègement des sanctions qui pèsent sur l’Iran, progressant sur l’une des questions les plus litigieuses des négociations.

Selon cet accord négocié, qui se fonde sur l’accord-cadre d’avril, le réseau de sanctions complexes qui étouffe l’économie iranienne sera progressivement atténué si Téhéran revoit massivement à la baisse ses ambitions sur son programme nucléaire pendant au moins une décennie.

Ce programme vise à étendre le temps nécessaire à l’Iran pour produire suffisamment de matières nucléaires pour fabriquer une bombe – qui est de plusieurs mois à l’heure actuelle – à au moins un an.

Cette levée des sanctions couplée à des inspections plus strictes des Nations unies, donnerait suffisamment de temps pour arrêter toute tentative de « dépasser le seuil [nucléaire] », selon les estimations du P5 + 1, tout en conservant un programme nucléaire civil modeste en place en Iran.

Cependant, les dirigeants iraniens ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils n’accepteront pas de laisser des observateurs internationaux fouiller librement leurs installations nucléaires.