En novembre 2009, la chancellière allemande Angela Merkel a invité le président américain Barack Obama, toujours dans sa première année de fonction, à assister au 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin.

La commémoration annuelle rappelle aux Européens la défaite finale des excès idéologiques sanglants du 20e siècle, le dépassement d’une terrible histoire, plus que tout autre chose grâce à la puissance et à l’idéalisme américain. Il est difficile de penser à une histoire plus pro-américaine que celle expérimentée et dont se souviennent autant de millions d’Européens ce jour-là.

Les dirigeants de l’Europe étaient tous présents, du Premier ministre britannique aux présidents de la France et de la Russie. Pourtant, Obama était absent.

Le président était occupé, selon la Maison Blanche, citant « des engagements pour un voyage à venir en Asie ». Les Européens ont été choqués. « Barack est trop occupé », pouvait-on lire sur la Une acerbe du quotidien allemand Der Spiegel.

L’événement ne se confrontait pas avec son emploi du temps, mais plutôt avec ses sensibilités en terme de politique étrangère. Obama avait voyagé à Copenhague un mois avant l’événement pour faire du lobby auprès du Comité Olympique International afin d’accorder les jeux d’été de 2016 à sa ville natale de Chicago, et devait ensuite retourner en Europe un mois après la commémoration pour accepter son Prix Nobel de la paix à Oslo.

Son itinéraire de voyage en tant que président signifiait quelque chose de sa vision du monde et de l’Amérique. La commémoration du sauvetage par l’Amérique de l’Europe n’avait pas une très haute place dans cette vision.

Il était tout aussi significatif que le premier voyage d’Obama au Moyen Orient, en avril 2009, ait été la Turquie. « La démocratie turque est votre propre réussite. Aucune puissance étrangère ne vous y a forcé », avait-t-il déclaré au Parlement turc dans une critique évidente de son prédécesseur à la Maison Blanche.

Sa propre expérience de vie, a-t-il dit aux législateurs, a joué dans sa décision d’aller à Istanbul. « Les Etats-Unis ont été enrichis par des Américains musulmans, a-t-il déclaré. Beaucoup d’autres Américains ont des musulmans dans leur famille ou ont vécu dans un pays à majorité musulmane. Je le sais bien puisque je suis l’un d’entre eux. »

Son deuxième voyage au Moyen Orient l’a conduit au Caire, le 4 juin 2009, où il a donné son célèbre discours aux musulmans du monde, un discours qui reconnaissait que l’Amérique avait trop souvent été une partie du problème dans le monde musulman plutôt qu’un élément de la solution.

Voyage après voyage, quelque chose d’important sur les priorités et les sensibilités d’Obama devenait clair. Et pour les Israéliens, tout comme les Allemands avant eux, il était difficile de ne pas noter que les itinéraires de voyage d’Obama, et avec eux ses priorités politiques, semblaient les ignorer.

Chicago

Lors d’une récente réunion du Conseil des Relations Etrangères avec Israël, l’ancien éminent directeur général du ministère des Affaires étrangères, le Professeur Shlomo Avireni, a qualifié la politique étrangère d’Obama de « provinciale ». C’était un choix étrange de mot pour décrire les politiques d’un président avec une apparence aussi cosmopolite et autant d’envie de s’impliquer dans le monde.

Avineri touchait pourtant quelque chose du doigt.

Les remarquables mémoires d’Obama, les « Rêves de mon père », comportent un récit puissant sur ses expériences en tant que jeune travailleur social perspicace et enthousiaste dans le Sud de Chicago qui lui ont inculqué la sensibilité qui allait ensuite définir sa présidence.

Dans ce récit autobiographique, il décrit sa réaction en entendant les enfants d’un quartier pauvre de Chicago divisés en « bons garçons et mauvais garçons, la distinction n’avait pas de sens dans ma tête ». Si un enfant en particulier « finissait dans un gang ou en prison, cela démontrerait-il quelque chose de son essence, un gêne imprévisible… ou simplement les conséquences d’un environnement difficile ? »

« Dans chaque société, les jeunes hommes vont avoir des tendances violentes », lui avait déclaré à la fin des années 1980 un éducateur dans un lycée avec des élèves majoritairement noirs de Chicago. « Soit ces tendances sont dirigées et canalisées vers des objectifs créatifs soit ces tendances détruisent les jeunes hommes, ou la société, ou les deux ».

Le livre est rempli de telles méditations qui font écho à travers la rhétorique d’Obama comme président.

Dans son dernier discours à l’Assemblée générale des Nations unies, il a affirmé que « si les jeunes vivaient dans un endroit où le seul choix se situe entre la dictature d’un Etat et l’attrait d’un extrémisme souterrain, aucune stratégie contre-terroriste ne pouvait fonctionner ».

Pour Obama, le terrorisme est, à la racine, un produit de la désintégration sociale. La guerre est peut-être nécessaire pour contenir l’avancée de l’Etat islamique, mais seulement une réforme sociale peut vraiment s’en débarrasser.

Ajoutez à cette vision le vécu d’un parfait ‘outsider’, moitié blanc et moitié noir avec une enfance et une famille dispersée autour du monde, et on commence à voir le profil d’un homme avec une empathie automatique pour les marginaux et un sens presque instinctif que les plus importants problèmes du monde sont enracinés, non pas dans l’idéologie, mais dans des structures sociales et économiques oppressives qui renforcent la marginalisation.

Cette sensibilité est plus large que n’importe quelle orthodoxie économique, et elle est enracinée dans la dure expérience du Sud de Chicago.

Après avoir pris la tête de la plus importante superpuissance du monde en janvier 2009, ce travailleur social s’est mis à construire une politique étrangère qui traduisait ses impressions en actions géopolitiques.

« Lui et ses conseillers sentaient qu’il était impératif non seulement d’introduire un récit post-Bush mais aussi une compréhension post-11 septembre de ce qu’il fallait faire dans le monde », a noté James Traub dans un article récent de Foreign Policy.

« Ils considéraient que les grandes questions devant les Etats-Unis n’étaient pas des questions traditionnelles d’Etat à Etat, mais de nouvelles problématiques qui cherchaient à promouvoir des biens internationaux et demandaient une coopération globale, le changement climatique, l’approvisionnement en énergie, les Etats faibles et en effondrement, la non-prolifération nucléaire. C’était précisément sur de telles questions que l’on avait besoin de rassembler le soutien des citoyens et des dirigeants. »

Le monde était un énorme Chicago, ses problèmes essentiels pas totalement différents de ceux des Noirs du Sud de Chicago, et les solutions à ces problèmes étaient enracinées dans la même capacité humaine à surpasser les divisions sociales et les inégalités.

Voilà en quoi consistait le « provincialisme » d’Obama, sa vision d’un monde qui favorisait les désavantagés et les opprimés, qui percevait les conflits idéologiques et politiques entre les gouvernements comme secondaires par rapport à des crises plus universelles et en fin de compte sociales qui troublaient un monde déjà tumultueux.

Jérusalem

C’était cette vision humanitaire expansive qui a conduit Obama à faire sa première erreur stratégique majeure au sujet d’Israël. C’était, en effet, en Israël que son récit des affaires du monde s’opposait directement aux réalités impitoyables de la géopolitique.

Dans son discours du Caire, tout en promettant de défendre Israël et de garantir l’alliance de l’Amérique avec l’Etat juif, Obama a aussi dit au monde musulman que les implantations d’Israël étaient illégitimes et suggérait que la prétention juive envers Israël était enracinée dans la dévastation de l’Holocauste plutôt que dans l’attachement juif millénaire à la terre.

Cette insulte à la légitimité du régime politique juif en Israël, à la fois dans la rhétorique et dans l’itinéraire de voyage, était totalement inattendue. Cela a eu lieu juste quelques mois avant qu’il n’insulte involontairement les Allemands pour la commémoration de la chute du mur de Berlin.

Dans les deux cas, il y avait une même raison : un Israël prospère et puissant, comme l’Europe, ne faisait pas partie du monde qu’Obama essayait de sauver. En raison de son succès, Israël n’était pas pertinent dans sa vision de la politique étrangère.

Avec une exception : l’injustice sociale, économique et politique imposée par Israël contre les Palestiniens sans défense.

Le conflit israélo-palestinien semblait avoir beaucoup en commun avec les maladies sociales américaines qu’il avait combattues toute sa vie d’adulte : un conflit entre deux communautés divisées, renforcé par l’intolérance, des récits mutuellement exclusifs de victimisation et d’absence d’empathie et d’espoir.

L’engagement énergique et premier d’Obama pour la paix israélo-palestinienne n’était pas enraciné dans les calculs stratégiques habituels qui conduisent une politique étrangère, mais cela correspondait très bien à la nouvelle sensibilité qui définissait maintenant sa présidence.

Mais la géopolitique n’est pas du travail social. Et ce qui est vrai à Chicago ne l’est peut-être pas à Jérusalem. La première tentative majeure d’Obama dans le conflit – obtenir un gel de 10 mois de la construction d’implantations en dehors de Jérusalem – a donné le ton pour les cinq prochaines années d’efforts.

La Maison Blanche d’Obama était désorientée et frustrée quand il est apparu clairement que la mesure sans précédent de « construction de la confiance » de Netanyahu avait en réalité éloigné les Palestiniens de la table des négociations.

Le conflit israélo-palestinien n’est pas un combat contre l’injustice sociale ou économique, mais entre des identités nationales. Même s’il veut un accord de paix avec Israël, comme Obama le croit sincèrement, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas doit manœuvrer dans les limites du récit national palestinien qui rejette la cause nationale juive comme étant irrémédiablement illégitime. Abbas ne peut tout simplement pas faire de compromis, il doit être perçu comme un vainqueur.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Alors, le fait que la Maison Blanche ait demandé et obtenu un gel sans précédent des implantations d’Israël ne prouvait pas aux Palestiniens qu’Israël était prêt au compromis, mais plutôt que leurs propres dirigeants demandaient moins de l’occupant détesté que la Maison Blanche ouvertement pro-Israélienne.

La Maison Blanche, un bastion de sionistes de son propre aveu, avait sans effort obtenu une concession qu’aucun dirigeant palestinien n’avait même jamais demandée.

Dans son tout premier effort de renforcer la confiance entre les parties, la Maison Blanche d’Obama a désastreusement réduit la marge de manœuvre politique intérieure des dirigeants palestiniens.

Cette erreur initiale a établi la dynamique qui a contrecarré les efforts les plus concertés de l’Amérique pour relancer les négociations. Chaque fois que la pression américaine sur Israël augmentait, la pression intérieure sur les dirigeants palestiniens pour élever leurs exigences et conditions préalables augmentait rapidement aussi.

L’organisation sociale ne lutte pas contre ces couches idéologiques et identitaires, avec la logique impitoyable des conflits ethniques, et les Israéliens n’ont pas tardé à croire qu’Obama ne pouvait les voir.

Après 2010, Obama est resté un personnage bien vu dans la culture populaire israélienne, mais selon les sondages, il a perdu un élément plus important que sa popularité : il était considéré comme dangereusement naïf.

Les Israéliens ont confiance en ses intentions, mais pas en son jugement.

La politique étrangère d’Obama s’est développée au cours des six années de sa présidence.

Son optimisme initial a été tempéré par la réalité en Ukraine, en Syrie et dans d’autres pays en crise. Les décideurs américains peinent encore à trouver des façons de traduire la vision qui définit sa présidence en action géopolitique intelligente.

Bruyamment applaudi partout où il allait, Obama a passé ces premières années tranquillement et a brûlé accidentellement les ponts avec certains des plus proches alliés de l’Amérique.

Six ans plus tard, le lustre est parti. Le zèle optimiste pour un engagement mondial s’est fondu dans une poignée de principes minimalistes : tuer tous les terroristes qui menacent les Américains, éviter les guerres coûteuses, rester près des alliés stables.

Washington

La Maison Blanche d’Obama déteste Benjamin Netanyahu. C’est une animosité que les observateurs de longue date des relations américano-israéliennes soulignent souvent, mais tentent rarement d’expliquer.

L’aversion du président Obama pour Netanyahu est intense, et le sentiment filtre parfois dans les rangs des conseillers et des hauts fonctionnaires des deux bords.

Il y a peu de doute que cette hostilité soit devenue personnelle – un dirigeant juif américain a affirmé que c’est le président Obama lui-même qui a donné l’interview à The Atlantic, dans laquelle un responsable anonyme s’est moqué de Netanyahu en le qualifiant de « chickenshit » [poule mouillée] – mais ses origines sont plus profondes qu’une antipathie personnelle.

La rhétorique de Netanyahu au cours des six dernières années est dominée par des platitudes sempiternelles sur l’histoire juive et les droits des Juifs.

Même quand il offre un rameau d’olivier rhétorique, comme dans son célèbre discours en 2009 à l’université Bar-Ilan, il refuse d’adopter un langage qui accepte comme une question de principe la légitimité de visions concurrentes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prie au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem le 28 février 2015 (Crédit : AFP/Pool/Marc Sellem)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prie au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem le 28 février 2015 (Crédit : AFP/Pool/Marc Sellem)

Les heures avant son décollage pour son voyage controversé cette semaine à Washington, Netanyahu a pris le temps de prier au mur Occidental à Jérusalem et de faire un pèlerinage sur la tombe de son père, expert en histoire juive et en persécution, dont l’intérêt pour la souffrance juive à travers les âges a beaucoup influencé la vision du monde de Netanyahu.

Pour Obama, Netanyahu est Rafiq al Shabazz, un ancien membre d’un gang qui s’est converti à l’islam et est devenu militant de la communauté noire du sud de Chicago dans les années 1980.

Dans « Les Rêves de mon père« , Obama rappelle comment Shabazz expliquait les problèmes communautaires : « Les gens de l’extérieur de notre communauté font de l’argent sur notre dos et sont irrespectueux envers nos frères et sœurs. Fondamentalement, ce que vous avez ici sont des Coréens et des Arabes dirigeant les magasins, des Juifs possédant encore la plupart des bâtiments. Maintenant, dans le court terme, nous sommes ici pour faire en sorte que les intérêts des personnes noires soient entendus, vous comprenez. Quand nous entendons que l’un des Coréens maltraite un client, nous sommes sur l’affaire. Nous insistons pour qu’ils nous respectent et apportent une contribution à la communauté. »

Shabazz considérait les intérêts noirs dans des termes étroitement sectoriels, ne comprenant pas ce qu’Obama savait : dans une économie interconnectée, que ce soit à Chicago ou dans le monde, la prospérité future et la vitalité sociale des Noirs, des Coréens, des Arabes et des Juifs est inextricablement liée.

Lorsque Netanyahu insiste pour parler de l’histoire juive à l’Assemblée générale de l’ONU, tout en refusant d’aborder la dépossession palestinienne, quand il rejette d’emblée et à plusieurs reprises l’idée qu’une éventuelle réadaptation de l’Iran pourrait être plus souhaitable qu’une confrontation permanente, Obama entend des échos de ces militants de Chicago dont le chauvinisme a fait plus de mal que de bien à leurs communautés.

Les horizons sectaires de Netanyahu, son pessimisme profond sur les Palestiniens et la région, la politique pure et dure qui reflète le scepticisme de ses électeurs – pour Obama, ces attributs incarnent tous les maux du monde.

L’ « adversaire mortel » de l’Amérique et du monde, a dit Obama, n’est pas un ennemi géopolitique, mais la perte de l’espoir, le triomphe de l’apathie et le broyage des structures sociales (et, par extension, géopolitiques) qui inhibent les opportunités et soutiennent les inégalités.

Netanyahu, un allié trop proche et trop bruyant pour être ignoré, s’irrite contre la vision du monde d’Obama et fustige constamment la consciente largesse d’esprit qu’est devenue l’identité politique d’Obama.

Selon Netanyahu, à moins que le mouvement national palestinien n’accepte qu’il y a une certaine légitimité à la création d’une patrie juive en Israël, les dirigeants palestiniens demeureront gelés sur place et incapables de compromis pour la paix.

Pendant ce temps, les concessions israéliennes à une direction palestinienne qui continue de rejeter la légitimité même d’Israël ne feront que renforcer cette impulsion de rejet en soutenant l’illusion que la victoire finale contre l’existence d’Israël est possible.

Pour Netanyahou, toute la stratégie américaine qui commence par des concessions israéliennes, au lieu de chercher un changement dans la vision de base de l’autre côté, met la charrue avant les bœufs – et garantit un échec continu.

Sur l’Iran, l’évaluation de Netanyahu des capacités stratégiques d’Obama est tout aussi peu flatteuse. En abandonnant les sanctions sur lesquelles les États-Unis avaient toutes les cartes et autour desquelles le monde était uni en opposition aux ambitions nucléaires iraniennes, Obama a concédé beaucoup et obtenu très peu.

On ne peut faire confiance à un pays de la taille de l’Europe occidentale avec un dossier d’installations entières et qui ment à répétition aux inspecteurs de l’AIEA et au Conseil de sécurité des Nations unies.

Un monde qui ne pouvait guère tolérer la perspective d’une guerre serait devenu intolérant, même vis-à-vis d’une restauration des sanctions. Le barrage avait été violé, et personne ne pouvait garantir qu’il pourrait être rétabli si l’Iran violait l’accord.

L’argument favori de la Maison Blanche pour défendre l’accord – que le choix devant les puissances occidentales était de conclure un accord ou d’aller à la guerre – prouve pour Netanyahu l’incompétence qu’il a constatée dans la stratégie de la Maison Blanche. L’argument équivalait à déclarer aux Iraniens que les Etats-Unis ont besoin d’un accord beaucoup plus qu’eux.

Obama a été le premier à se rendre dans la capitale de l’autre et à le rabrouer devant son propre peuple.

Quand Obama est finalement arrivé en Israël en tant que président, en mars 2013, il a ostensiblement refusé une invitation à s’adresser devant le Parlement israélien et a donné à la place une discours public à de jeunes Israéliens au Centre international de conférences de Jérusalem.

Le président américain Barack Obama et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas saluent la foule lors de la visite d'Obama à Ramallah, le 31 mars 2013 (Credit : Issam Rimawi/Flash90)

Le président américain Barack Obama et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas saluent la foule lors de la visite d’Obama à Ramallah, le 31 mars 2013 (Credit : Issam Rimawi/Flash90)

C’était un discours « pour le peuple d’Israël », pas son leadership, a dit la Maison Blanche – un peu comme le discours du Caire a été adressé aux musulmans et non aux gouvernements. « Je peux vous promettre ceci », a déclaré Obama aux Israéliens à propos de leur Premier ministre, « les dirigeants politiques ne pourront jamais prendre des risques si le peuple ne les pousse pas à prendre des risques ».

Netanyahu a considéré la Maison Blanche d’Obama comme un échec ; aveuglée par sa pompeuse auto-assurance, on ne peut lui faire confiance pour gérer avec compétence la sécurité mondiale.

Obama a vu Netanyahu comme un obstacle, un partisan hypocrite dont la politique étroite obstrue la route de progrès significatifs sur tous les sujets où il est impliqué.

Pour les deux hommes, l’écart est plus profond que la fracture démocrates-républicains, plus profond que la question palestinienne, plus profond encore que la bataille sur l’Iran.

Obama a cherché à introduire une nouvelle conscience dans les affaires mondiales, une conscience qui a défini son identité politique. Netanyahu défend les anciennes méthodes – dont dépendent, selon lui, la sécurité nationale.