Environ 300 membres de la communauté musulmane en République tchèque ont prié vendredi à proximité du ministère de l’Intérieur à Prague, en signe de protestation contre une perquisition effectuée une semaine plus tôt au siège local de la Fondation islamique, a rapporté l’agence CTK.

Le 25 avril, la police avait interpellé dans les locaux de la fondation un Tchèque de 55 ans soupçonné d’avoir distribué un livre à caractère « raciste et xénophobe ». L’homme risque jusqu’à dix ans de prison.

Les protestataires ont dénoncé comme trop dure cette perquisition, effectuée par des hommes armés de la brigade de lutte contre le crime organisé, au moment où une centaine de personnes, dont des diplomates indonésiens, participaient à une prière collective.

« Just for a book » (« Seulement à cause d’un livre ») et « Ne rasismu » (« Non au racisme ») pouvait-on lire vendredi sur des banderoles improvisées, lors d’une prière à ciel ouvert, devant le ministère tchèque.

« Nous mettons en garde contre une montée de l’extrémisme et contre une ambiance anti-musulmane que l’intervention de la police risque de provoquer », a indiqué à l’agence tchèque Munib Hassan Alrawi, président de la Centrale des communautés musulmanes en République tchèque.

Selon la presse de Prague, le ministère indonésien des Affaires étrangères a convoqué cette semaine l’ambassadeur tchèque à Jakarta, pour demander des explications concernant l’intervention.

La perquisition a été épinglée vendredi aussi par le prêtre catholique et théologien tchèque Tomas Halik, récompensé en mars à Londres par le prix Templeton, pour son « combat pour la liberté religieuse pendant l’occupation soviétique ».

« Une intervention insensible contre nos frères et soeurs musulmans au moment de la prière a représenté sans nul doute un péché », a écrit Tomas Halik, très impliqué dans le dialogue interreligieux.

« La police a agi avec la plus grande retenue et le respect pour la confession religieuse », a de son côté assuré le porte-parole de la brigade de lutte contre le crime organisé Pavel Hantak, interrogé par l’AFP.

La police a choisi le jour de vendredi « pour des raisons tactiques, pour pouvoir saisir suffisamment de preuves nécessaires à l’enquête », a-t-il expliqué.

La communauté musulmane en République tchèque, un pays de 10,5 millions d’habitants, compte environ 10.000 membres.