Afin d’accroître le soutien à son parti du Likud, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prétendu mercredi que c’est le chef du parti qui recevra le plus grand nombre de sièges à la Knesset aux élections du 17 mars qui sera chargé de former le prochain gouvernement – indépendamment de la taille des blocs de droite et de gauche.

S’adressant à des étudiants d’un programme préparatoire à l’armée dans l’implantation d’Éli en Cisjordanie, Netanyahu a utilisé deux bouteilles d’eau minérale placées sur le pupitre devant lui pour illustrer sa mise en garde.

« Ça c’est le Likud, et ça c’est la gauche ou le parti travailliste ou quel que soit le nom qu’ils utilisent aujourd’hui », a dit le Premier ministre, en montrant les bouteilles.

« Nous devons soutenir le parti qui est le plus rempli ; ce ne sont pas les blocs qui compteront, mais la taille de chaque parti. C’est ce qui nous a été dit lors d’un briefing avec les responsables », a-t-il ajouté en faisant apparemment allusion au président Reuven Rivlin, dont la tâche après les élections sera de choisir le parti qui a le plus de chances de former un gouvernement stable.

Les considérations qui rentrent en jeu sont vagues – le président a le pouvoir de choisir le parti qu’il souhaite – et incluent un processus par lequel les différents groupes parlementaires lui fournissent leurs recommandations quant au chef de parti qui a les meilleures chances de former une coalition.

Alors qu’en général c’est le chef du plus grand parti qui est désigné, en 2009 c’étaient Netanyahu et le Likud qui avaient été choisis par le président d’alors, Shimon Peres, bien qu’ils aient remporté un siège de moins que le parti Kadima de Tzipi Livni.

Netanyahu a poursuivi : « Si le niveau d’eau dans la bouteille diminue, et le niveau du parti de gauche est plus élevé, c’est un gouvernement qui a oublié ses racines qui sera formé, un gouvernement qui va tout simplement céder à chaque occasion. Leur centre de gravité n’est pas notre centre de gravité – un gouffre nous sépare, dans nos valeurs et dans les liens profonds à notre patrimoine, à notre fierté et à notre capacité de resister fièrement aux énormes pressions. »

Le choix par Netanyahu de cet accessoire évoquait les allégations du mois dernier selon lesquelles sa femme, Sara, avait escroqué des milliers de shekels à l’État en encaissant l’argent des consignes de bouteilles pendant les quatre premières années du mandat de son mari après les élections de 2009.

Mais peu de temps après le discours de Netanyahu, les responsables de la présidence ont contesté son explication en déclarant que Rivlin n’avait pas encore décidé comment il allait choisir le dirigeant politique qui aura la tâche de former le prochain gouvernement.

Dans un communiqué, le bureau du président a déclaré : « Ces choses sont inconnues du président, et toutes les allégations sur la façon dont il choisira le futur gouvernement ne sont que des spéculations. »