Au moment où la Banque mondiale et le FMI appellent à l’aide internationale pour Gaza, une première roquette a été tirée de Gaza contre Israël depuis le cessez-le-feu.

Pas de blessés à signaler. L’armée cherche toujours le point de chute exact de l’engin tombé dans le conseil régional d’Eshkol. Le groupe terroriste du Hamas nie en être à l’origine.

Un obus tiré de la bande de Gaza s’est abattu mardi en Israël pour la première fois depuis la conclusion, le 26 août, d’un cessez-le-feu entre l’Etat hébreu et le mouvement palestinien Hamas après 50 jours de guerre, selon un porte-parole militaire.

« Pour la première fois depuis l’opération Bordure protectrice, une roquette tirée de Gaza a atteint le sud d’Israël », a dit le lieutenant-colonel Peter Lerner sur le compte Twitter de l’armée israélienne, en référence à l’offensive lancée le 8 juillet par l’Etat hébreu contre le Hamas à Gaza.

La Banque mondiale et le FMI ont affirmé mardi le besoin vital de l’aide internationale et d’une levée du blocus imposé à la bande de Gaza dévastée par la guerre en juillet et août.

« Sans action immédiate de la part de l’Autorité palestinienne, des donateurs et du gouvernement israélien pour revitaliser l’économie et améliorer le climat des affaires, une reprise de la violence telle que nous l’avons vue ces dernières années reste un danger clair et réel », dit Steen Lau Jorgensen, directeur de la Banque mondiale pour la Cisjordanie et la bande de Gaza dans un communiqué publié par l’institution siégeant à Washington.

Dans des rapports publiés simultanément et collectant des données d’avant la guerre, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international parviennent peu ou prou aux mêmes conclusions sur la nécessité de la mobilisation internationale, d’un allègement du blocus imposé à la bande de Gaza et d’une gouvernance renforcée de l’Autorité palestinienne, en particulier en matière budgétaire.

« L’impact économique du conflit à Gaza est difficile à évaluer à ce stade », dit le rapport du FMI. « Mais l’ampleur des destructions et les ressources limitées dont disposent la Cisjordanie et Gaza rendent cruciale une mobilisation de l’aide internationale », ajoute-t-il, moins d’un mois avant une conférence internationale de donateurs prévue le 12 octobre au Caire.

L’expérience de l’une des précédentes guerres dans le territoire, celle de 2008/2009, « indique que si le blocus de Gaza n’est pas levé ou tout du moins allégé, et en particulier si l’on n’autorise pas l’entrée de matériaux de construction, les efforts de reconstruction sont probablement voués à l’échec », dit-il.

Les deux institutions décrivent une situation économique déjà très précaire, surtout dans la bande de Gaza, avant la guerre.

L’économie de Gaza était déjà entrée en récession avant la guerre, un quart de la population palestinienne vit sous le seuil de pauvreté et le taux est deux fois plus élevé dans la bande de Gaza qu’en Cisjordanie, note la Banque mondiale, dont le rapport est destiné à un forum ordinaire de donateurs censé se réunir le 22 septembre à New York.

Le chômage atteignait 45 % au second trimestre de 2014 dans la bande de Gaza et 63% chez les jeunes, selon le FMI.

Le rapport du FMI compile des informations largement recueillies avant la guerre. Mais le Fonds estime que le conflit pourrait entraîner au troisième trimestre (y compris donc pendant la guerre) une perte d’activité économique de 45% par rapport au trimestre précédent, et une réduction du PIB de 20% pour les trois premiers trimestres de 2014 par rapport à la même période de 2013.