Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en visite aux Emirats arabes unis, a annoncé que les premiers vols de reconnaissance militaire en Irak auraient lieu lundi, alors que Washington et ses alliés se mobilisaient contre l’Etat islamique (EI).

« Dès ce matin, les premiers vols de reconnaissance auront lieu avec l’accord et des autorités irakiennes et des autorités émiraties », a dit le ministre sur la base d’Al-Dhafra où étaient rassemblés quelque 200 militaires dont des pilotes d’avion de combat Rafale.

Peu après, deux de ces appareils ont décollé à quelques minutes d’intervalle de cette base, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le Drian a relevé que son déplacement intervenait « dans un contexte d’une exceptionnelle gravité ».

Il a rappelé la visite en Irak vendredi du président François Hollande qui a annoncé la disposition de la France à contribuer politiquement et militairement à trouver une issue à la crise, à la demande des autorités de Bagdad.

« Soyez donc prêts à intervenir », a dit le ministre français aux militaires positionnés à Al-Dhafra, base située à 30 km au sud-ouest d’Abu Dhabi.

« La France se tient prête en ces moments décisifs pour sa sécurité, car c’est bien aussi la sécurité de la France que menace Daesh, ce pseudo Etat islamique », a souligné M. Le Drian.

Le Falcon transportant le ministre a atterri à l’aube sur cette base où sont stationnés des militaires français, ainsi que six Rafale, un avion ravitailleur Boeing C-135 et un avion de reconnaissance Atlantique de la marine française.

Quelque 750 militaires français sont déployés aux Emirats arabes unis, proche allié de la France dans le Golfe.

Le Drian devait rencontrer le prince héritier D’Abu Dhabi, Cheikh Mohammed ben Zayed al Nahyane, pour expliquer notamment le rôle que joue la France au sein de la coalition internationale anti-djihadiste.

Les entretiens devaient porter non seulement sur l’Irak mais aussi sur la Libye. M. Le Drian devait ensuite se rendre en Egypte.

Sa visite dans les deux pays est intervenue au moment où les représentants d’une vingtaine de pays se réunissaient lundi à Paris pour définir le rôle de chacun dans la coalition internationale voulue par Washington pour combattre les djihadistes de l’EI, qui ont exécuté un nouvel otage.

La décapitation d’un Britannique, revendiquée samedi par ce groupe, a renforcé la détermination de la communauté internationale à éradiquer ces djihadistes, qui contrôlent de vastes territoires en Irak et en Syrie.