Entre un quart et la moitié de toute la population israélienne n’a pas accès à un abri anti-bombes correct en cas d’urgence, a affirmé le Contrôleur de l’Etat Yossef Shapira dans nouveau rapport accablant.

Le document, qui fait le point sur l’état de préparation du pays contre les tirs de roquettes et de missiles, atteste de nombreuses failles et déficiences de la part des plans gouvernementaux et militaires visant la protection de la population civile israélienne. Un rapport similaire, diffusé l’année dernière, notait également les lacunes existant dans la défense nationale du pays.

Le document de 65 pages s’intéresse à un grand nombre de problèmes, dont l’échec continu des ministères gouvernementaux à formaliser les domaines de responsabilité en cas d’urgence, des plans d’évacuation incomplets et des insuffisances budgétaires dans les dispositifs d’alerte aux tirs de missiles.

Toutefois, les plus fortes critiques de Shapira portent sur le différence entre le nombre d’abris anti-bombes – privés et publics – que possède Israël et le nombre dont le pays aurait effectivement besoin.

Comme le remarque le document, le pourcentage exact d’Israéliens sans accès un abri anti-bombes approprié est l’objet de débat.

Selon le Commandemant National de l’armée israélienne, 27 % du pays – ou seulement plus de deux millions de personnes – n’ont aucune protection « aux normes » contre les tirs de missiles.

Toutefois, le ministère place ce chiffre à un niveau substantiellement supérieur – à approximativement 50 % – conformément à sa définition de ce qui constitue un abri-anti-bombes « correct ».

La disparité survient d’une directive ministérielle qui exige un minimum de 5 mètres carrés par personne dans ce type d’abri, en opposition aux 2 mètrres-carrés exigés dans le passé. Ce changement a été effectué à la lumière de la croyance que les civils pourraient être dans l’obligation de passer de longues périodes de temps dans leurs abri anti-bombes, ce qui, en conséquence, nécessiterait plus d’espace.

Cette exigence disqualifie environ 23 % des abris anti-bombes partagés et privés, comme ceux qui existent dans les immeubles d’appartement, et qui ne peuvent plus être considérés comme pleinement fonctionnels.