Le calme et la sérénité sont désormais derrière lui. Vincent Peillon, réfugié à Neuchâtel en Suisse ces deux dernières années pour enseigner et écrire un livre qui sortira début février, est dorénavant plongé jusqu’au cou dans le bain médiatique.

En annonçant dimanche soir dernier sur France 2 sa candidature aux primaires de la gauche, Vincent Peillon lance un défi aux autres candidats de gauche, Manuel Valls en tête, mais aussi à tous ceux, de la droite traditionaliste à l’extrême-droite, qui l’avaient âprement combattu lorsqu’il était ministre de l’Education du gouvernement Ayrault.

En cause, ses prises de positions pro-laïcité que la frange extrême du monde catholique a énergiquement combattu quitte à flirter parfois avec les déclarations antisémites.

« Soyons clairs, la morale laïque n’est pas anti-religieuse, elle ne s’oppose pas aux morales confessionnelles, déclarait-il en 2013 à Actualité Juive. C’est exactement l’inverse : elle est une morale commune à tous, et c’est justement son respect qui autorise la liberté et la coexistence des croyances individuelles et privées de chacun ».

Malgré des positions prudemment équilibrées sur la question de la laïcité, les origines juives (sa mère, Françoise Blum, vient d’une longue lignée de juifs alsaciens) du candidat à la primaire refirent alors surface sur les réseaux sociaux dits « dissidents » ou identitaires. Un lien au judaïsme publiquement confirmé lors de son soutien en 2011 à l’appel de JCall.

Descendant d’une lignée juive alsacienne, sa mère est née Blum, il a célébré la bar-mitsva de son fils en 2009 à la synagogue de la Victoire. Un signe de religiosité, relayé par quelques gazettes à l’époque, qui n’a pas manqué de faire bondir certains milieux d’extrême-droite lorsqu’il a défendu sa « charte de la laïcité » en 2013.

Ce député européen est père de quatre enfants. Il a deux filles nées de son premier mariage avec la philosophe Brigitte Sitbon, et deux fils nés de son deuxième mariage avec la journaliste Nathalie Bensahel.