Un tribunal militaire a condamné mercredi un soldat israélien à sept mois de prison pour avoir battu des détenus palestiniens.

Dans un communiqué en réponse à une requête de l’AFP, l’armée a indiqué que le militaire avait été reconnu coupable mercredi d’avoir « maltraité des individus appréhendés ».

« Les forces de défense israélienne voient dans ces incidents une violation et un discrédit du code de conduite au sein de l’armée et les condamnent vivement », poursuit le communiqué.

En plus d’une peine de prison, le soldat condamné a également été condamné à une peine de prison de six mois avec sursis et a été rétrogradé au rang de caporal après avoir été reconnu coupable d’abus et d’abus aggravé pour avoir battu des Palestiniens qui étaient détenus à la base du bataillon, il y a quelques mois.

Selon le communiqué, l’armée doit statuer sur d’autres affaires de ce genre.

Le jugement a suivi la mise en accusation en novembre de cinq autres soldats du même bataillon Netsah Yehuda pour avoir maltraité un suspect palestinien qu’ils avaient arrêté près de la ville de Jénine en Cisjordanie.

Un rabbin a exhorté les juges à être indulgents avec le soldat ultra-orthodoxe afin de ne pas nuire aux tentatives d’enrôlement des hommes de la communauté haredi.

Des Juifs ultra-orthodoxes manifestent contre l'incorporation dans l'armée, dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, le 22 décembre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

Des Juifs ultra-orthodoxes manifestent contre l’incorporation dans l’armée, dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, le 22 décembre 2015 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

Les Juifs ultra-orthodoxes ont organisé des manifestations et des émeutes contre l’enrôlement au service militaire.

Mardi dernier, les manifestants ont attaqué la police militaire et renversé une voiture de patrouille quand une manifestation anti-militaire dans la ville côtière d’Ashdod est devenue violente.

Pour expliquer la peine, les trois juges ont écrit qu’il était important de dissuader d’autres soldats de se comporter d’une telle manière, en particulier à la lumière d’autres cas de mauvais traitements de Palestiniens détenus dans la même base. Ils ont noté dans leur raisonnement que la dissuasion était une dimension importante et que « le message doit être absolument clair ».

En novembre, cinq soldats du même bataillon ont été inculpés et accusés d’avoir bandé les yeux, menottés et battus un Palestinien détenu près de Jénine. L’un de ces soldats aurait accroché des électrodes sur le cou de l’homme et lui a envoyé des électrochocs. Lorsque le détenu l’a suplié d’arrêté, il a augmenté la tension, selon l’acte d’accusation cité par Haaretz.

Dans cette dernière affaire, l’avocat de la défense, Adi Keidar du groupe d’aide juridique de droite Honenu a réussi à convaincre le tribunal de modifier l’acte d’accusation initial et de retirer deux des quatre inculpations.

Des témoins de moralité, y compris le commandant du soldat qui a dit que l’accusé était « le meilleur soldat, c’est un soldat sur lequel vous pouvez compter, il a la tête sur les épaules », même pendant les périodes d’intenses attaques terroristes et de pression.

Le Rabbi Yitzhak Bar-Haim, l’un des fondateurs du bataillon Haredi, a déclaré que les accusations portées contre le soldat, qu’il a qualifié d’ « homme juste », ne lui ressemble pas et ont été sûrement causées par les fortes pressions du service à l’armée.

Il a cité le « pas courageux » que le soldat a fait en acceptant de servir dans l’armée israélienne malgré l’atmosphère réticente dans laquelle il avait grandi, et a exhorté les juges à comprendre qu’une punition sévère jouerait le jeu de groupes ultra-orthodoxes opposés à l’enrôlement militaire.

« Les parents sont des héros, regarde-les, ce sont des citoyens qui envoient [ses fils] à l’armée et maintenant, eux aussi, ne vont plus [les] envoyer ? ».

Malgré cela, le procureur a requis des peines maximales pour chaque inculpation et a demandé que la peine soit exécutée consécutivement plutôt que simultanément.

Keidar a accusé le tribunal militaire et le procureur «  d’être déconnectés des activités opérationnelles sur le terrain et de la dure réalité auxquelles les soldats doivent faire face quotidiennement ».