Les négociateurs israéliens et palestiniens se sont retrouvés jeudi à Jérusalem avec l’émissaire américain Martin Indyk pour tenter de trouver le moyen de prolonger les pourparlers de paix, mais sans aboutir à un accord, a-t-on appris de source palestinienne.

La réunion, qui avait débuté en fin d’après-midi a pris fin après cinq heures de « discussions très difficiles » dans un grand hôtel de Jérusalem, a indiqué à l’AFP une source palestinienne informée.

« Le fossé (entre les parties) est encore large. Il n’y a pas eu de percée », a-t-elle ajouté.

Indyk doit revoir vendredi — mais séparément cette fois — les deux équipes de négociateurs israéliens et palestiniens, a précisé la source.

Initialement prévue mercredi, cette rencontre tripartite avait été repoussée de 24 heures, les responsables israéliens invoquant indirectement le meurtre d’un officier de police en Cisjordanie, les Palestiniens affirmant que le report avait été décidé pour permettre la participation de M. Indyk.

Les négociateurs israéliens et palestiniens s’étaient entretenus dimanche sans M. Indyk, retourné quelques jours aux Etats-Unis après une réunion infructueuse le 10 avril.

Les deux parties multiplient les gestes d’hostilité depuis qu’Israël a refusé de libérer le 29 mars un quatrième et dernier contingent de prisonniers, pour réclamer désormais une prolongation des négociations de paix au-delà de l’échéance prévue du 29 avril.

Israéliens et Palestiniens « travaillent à un accord qui leur permettrait de prolonger les négociations » au-delà du 29 avril », a déclaré cette semaine la porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki.

Le porte-parole de Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, a réaffirmé mercredi que les pourparlers pourraient être prolongés jusqu’à la fin de l’année, comme le demandent Israël et Washington, si le gouvernement israélien relâchait comme promis le dernier groupe de prisonniers.

Les Palestiniens insistent pour que 14 détenus arabes de nationalité israélienne fassent partie des prisonniers relâchés, ce à quoi s’oppose jusqu’à présentIsraël.

« S’ils s’engagent, nous sommes prêts », a dit M. Abou Roudeina.

Campagne internationale pour les prisonniers

Aux termes de l’accord conclu en juillet dernier sous l’égide du secrétaire d’Etat américain John Kerry pour relancer le processus de paix, Israël s’était engagé à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant 1993.

Les trois premiers groupes ont été relâchés mais la libération du quatrième contingent a été annulée par Israël.

Abbas a riposté en signant le 1er avril les demandes d’adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux, dont les Conventions de Genève, estimant que les nouvelles exigences israéliennes pour ces libérations le déliaient de son engagement.

Les Palestiniens ont également lancé une campagne internationale en faveur des prisonniers, notamment du dirigeant Marwan Barghouthi, un des principaux animateurs de la deuxième Intifada palestinienne (2000-2005), détenu depuis 2002, et du secrétaire général du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche radicale), Ahmed Saadat.

« L’internationalisation (de la question des prisonniers) a commencé dans les faits quand les Palestiniens ont pris la décision d’adhérer aux 15 conventions et traités internationaux, dont les Conventions de Genève, qui garantissent plusieurs droits importants pour nos détenus », a expliqué le ministre chargé des Prisonniers, Issa Qaraqé.

A l’occasion de la journée annuelle de solidarité avec les prisonniers, jeudi, le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat a de nouveau réclamé la libération du dernier groupe de quelque 30 détenus.

Selon la Deuxième chaîne de télévision israélienne, le chef du Shin Bet (le service de la sécurité intérieure), Yoram Cohen, a recommandé que 10 des prisonniers libérables soient expulsés vers l’étranger ou la bande de Gaza.

Mercredi, lors d’une rencontre avec des députés de gauche israéliens à Ramallah, Abbas a fait savoir qu’en cas de prolongation des pourparlers, il souhaitait que les trois premiers mois soient « consacrés à une discussion sérieuse sur les frontières », selon le quotidien Haaretz.

Les Palestiniens veulent un Etat sur les lignes d’avant l’occupation israélienne de la bande de Gaza et de la Cisjordanie conquises durant la Guerre des Six jours en juin 1967.

Depuis leur reprise le 29 juillet 2013, les pourparlers de paix piétinent sur l’ensemble des questions au cœur du conflit: les frontières, les implantations, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.