Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a jugé mardi à Londres qu’il était « impératif de faire retomber la température » entre Israéliens et Palestiniens, alors que ces derniers veulent déposer un projet de résolution en forme d’ultimatum contre Israël.

« Nous comprenons tous qu’il y a de la frustration refoulée des deux côtés, nous connaissons tous le risque d’une escalade (des tensions), qui est constant et réel, et c’est pourquoi il est impératif de faire retomber la température », a-t-il déclaré avant de rencontrer le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat.

« Nous devons soigneusement calibrer toutes les étapes à venir dans ce difficile moment que connaît la région », a-t-il ajouté.

« Nous essayons actuellement d’avoir une conversation constructive avec tout le monde afin de trouver la meilleure voie pour faire avancer » le processus de paix israélo-palestinien, a-t-il ajouté.

Après avoir longuement rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lundi à Rome, le secrétaire d’État américain espère dissuader les Palestiniens de déposer dès mercredi, via la Jordanie, un projet de résolution devant les Nations unies réclamant le retrait israélien dans un délai de deux ans.

De son côté, Paris a lancé depuis plusieurs semaines des consultations avec Londres et Berlin, puis avec Washington et Amman, pour mettre au point un texte de consensus différent de celui des Palestiniens, et qui obtiendrait le soutien des 15 membres du Conseil de sécurité.

La proposition française appellerait à la reprise rapide des négociations israélo-palestiniennes, gelées depuis le printemps, sur la base d’une série de grands principes comme la coexistence pacifique d’Israël et d’un État palestinien, mais sans fixer de délai pour le retrait des territoires.

Arrivé à Londres tard lundi soir, le secrétaire d’État américain doit également y rencontrer le secrétaire général de la Ligue Arabe, Nabil El Arabi et Tony Blair, émissaire du Quartet international pour le Proche-Orient.