Des inconnus ont profané avec des graffitis la petite mosquée en bois et un vieux cimetière musulman à Kruszyniany, un village tatare de l’est de la Pologne, a annoncé dimanche la communauté tatare locale.

« Du côté est de la mosquée on voit un cochon qui est un symbole insultant pour notre communauté, pour notre religion, ainsi que des insultes », a indiqué Bronislaw Talkowski, président de la communauté tatare de Kruszyniany.

« Difficile de dire qui en est l’auteur mais il s’agit certainement d’un groupe organisé », a-t-il ajouté à la radio locale de Bialystok (est).

Selon lui, « il n’y a jamais eu ce genre d’attaques » à Kruszyniany.

Le préfet de Bialystok, Maciej Zywno, a condamné cet « acte idiot », alors que la police a lancé une enquête pour en identifier les auteurs.

Selon une des hypothèses, cette action pourrait s’inscrire dans le différend entre opposants et partisans de l’abattage rituel, à l’approche d’un nouveau vote au parlement et d’une décision du Tribunal constitutionnel sur cette question.

L’abattage rituel, interdit en Pologne depuis le 1er janvier, oppose les défenseurs des animaux aux petites communautés juive et musulmane, ainsi qu’aux producteurs spécialisés dans l’abattage halal et casher, qui exportent leur viande à travers le monde.

Depuis quelques années, la Pologne est devenue un important exportateur de la viande halal et casher. Elle exportait environ 100 000 têtes de bétail abattu rituellement par an, dans une vingtaine de pays dont la Turquie, Israël, l’Allemagne ou la France, selon les estimations du ministère de l’Agriculture.

La valeur de ces exportations s’élève à quelque 250-350 millions d’euros par un.

Les communautés juive et musulmane comptent chacune de 20 000 à 30 000 personnes en Pologne, un pays de 38 millions d’habitants.

Les Tatars se sont implantés à la fin du XIVè siècle en Pologne et dans le Grand Duché de Lituanie. Excellents cavaliers, ils ont servi sur les champs de bataille.

Le Roi Jean III Sobieski leur a octroyé en 1679 des terres, dont le village de Kruszyniany. Ils bénéficiaient des droits réservés à la noblesse polonaise, sauf le vote.