Le Parti socialiste a annoncé samedi qu’il avait décidé d’engager une procédure d’exclusion à l’encontre de Gérard Filoche à la suite d’un tweet « à caractère antisémite » visant Emmanuel Macron, posté puis rapidement effacé vendredi soir.

« Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté ce tweet, insupportable, inexcusable et inacceptable. Il porte atteinte aux valeurs mêmes du socialisme, ainsi qu’à l’engagement de chaque jour et à l’action de terrain de ses militants contre le racisme et l’antisémitisme. Il constitue à ce titre un motif d’exclusion », a indiqué le PS dans un communiqué.

« Nous prendrons une décision rapide », a assuré à l’AFP le coordinateur du parti Rachid Temal.

Dans cette image « on voit tous les codes que malheureusement on a pu voir dans les années 30 ». « C’est un tweet ouvertement antisémite, c’est sur cette base que s’engage la procédure d’exclusion, au nom du PS et au nom de ses valeurs », a souligné le responsable socialiste.

M. Filoche, membre du Bureau national du PS, a posté sur Twitter vendredi soir un photomontage montrant Emmanuel Macron le bras orné d’un brassard ressemblant à un brassard nazi, mais avec la croix gammée remplacée par le signe dollar, et en arrière plan des photos de Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali, ainsi que les drapeaux américain et israélien.

« un sale type, les Français vont le savoir tous ensemble bientôt » avait écrit M. Filoche en accompagnement de ce photomontage, qu’il a effacé quelques minutes plus tard.

Pour Gérard Filoche, « a priori l’image Macron + argent est totalement banale. Il y en a 100 comme ça. A l’examen ce montage et sa source sont bad. Dès que je l’ai su je l’ai retiré aussitôt. Tout à fait désolé! quand à la cabale en meute elle vise autre chose non? », a-t-il tweeté samedi matin.

Ce tweet « a été retiré, il ne sera plus là, j’ai fait mes excuses », a également déclaré M. Filoche à l’AFP. « Qu’est-ce qu’on veut de plus ? » a-t-il ajouté, soulignant qu’il est « fondateur de SOS Racisme ».

« Je suis de gauche et contre la droite et l’extrême droite », a-t-il ajouté, « s’ils disent que je suis antisémite qu’ils le prouvent, que je suis raciste, qu’ils le prouvent », a-t-il encore déclaré, mettant en cause pour les attaques le visant « les macroniens d’un côté et l’aile droite du PS de l’autre ».

Ce photomontage, publié dans Egalité & Réconciliation en février, a déjà valu à Alain Soral d’être poursuivi, selon son site internet.

Dénonçant « un photomontage immonde », la Licra (Ligue internationale de lutte contre le racisme et l’antisémitisme) va saisir la justice, a-t-elle annoncé dans un communiqué samedi.

« Ce tweet de Gérard Filoche est une honte absolue relayant des contenus complotistes trempés dans l’obsession des juifs », a également souligné l’organisation sur Twitter.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France a également annoncé sur Twitter qu’il allait porter plainte. « Bien que niant en être l’auteur, il en devient le prescripteur et diffuseur », dit-il, estimant que M. Filoche « mérite à ce titre d’être poursuivi pour apologie de la haine antisémite ».

L’Union des étudiants juifs de France a dit saluer la procédure d’exclusion et a annoncé son intention de porter plainte, tout comme le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).

Le tweet de Gérard Filoche a suscité de très nombreuses réactions, notamment parmi les membres du gouvernement comme Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie.

Jugeant ce tweet « indigne du débat républicain », la maire de Paris Anne Hidalgo a demandé sur Twitter l’exclusion de M. Filoche du parti socialiste.

« Il y a bien longtemps que le PS aurait dû exclure Gérard Filoche (…) et il faut attendre un tweet innommable et antisémite pour engager une procédure d’exclusion », a tweeté pour sa part l’ancien Premier ministre Manuel Valls.

Sur France Info, François Kalfon, proche d’Arnaud Montebourg et classé plutôt à la gauche du PS, a jugé « cette image totalement abjecte », souhaitant que Gérard Filoche « puisse s’en expliquer devant nos instances ».