Ils chantaient maha-pach, maha-pach (révolution), les fameux mots avec lesquels le présentateur vedette des informations Haim Yavin a annoncé la montée inaugurale du parti Likud en 1977 après 25 ans de domination de parti travailliste, mais la conviction n’était pas au rendez-vous.

Il y a bien eu des tentatives de célébration par les soutiens de l’Union sioniste habillés de bleu et les membres du parti, y compris l’agitation de drapeaux et des traditionnelles danses en cercle, mais les résultats des élections semblent avoir eu un effet de découragement.

Guy, un ingénieur informatique de Jérusalem, portant des verres de bière verts en l’honneur de la St Patrick et un tee-shirt si voyeur qu’il fallait porter des lunettes de soleil pour l’observer, a déclaré que « l’égalité c’est nul ».

Membre du parti travailliste, il pense qu’un gouvernement d’unité « est toujours une option ».

Maya Bianco, une enseignante de lycée de Ramat Gan portant un tee-shirt bleu « I love Tzipi », a déclaré qu’elle pensait que l’accord de rotation entre la députée Tzipi Livni et le chef de l’Union sioniste Isaac Herzog, largement perçu comme celui qui a apporté du dynamisme à la liste commune, était « problématique dès le départ ».

D’autres affirmaient que les chiffres étaient en faveur du chef du parti le député Isaac Herzog. « Quelque chose a eu lieu ici aujourd’hui, a déclaré le député Hilik Bar, le président du parti travailliste. Et je crois que le président comptera sur nous pour former le prochain gouvernement. »

Hilik Bar à la Knesset. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Hilik Bar à la Knesset (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Herzog s’est lui-même exprimé avant minuit et a qualifié les 27 sièges accordés au parti « de réussite extraordinaire » qu’Israël n’a pas vu depuis l’élection d’Ytzhak Rabin en 1992.

Le résultat, a-t-il ajouté, « nous permet de revenir au pouvoir. Tout reste ouvert ».

Et pourtant, Livni, tout de noir vêtu comme en deuil, a fait des déclarations moins enthousiastes, expliquant que « nous ne levons pas encore nos mains » dans la défaite et « il y a toujours un État qui a besoin d’être protégé ».

Ksenia Svetlova, couramment arabophone, ancienne journaliste et universitaire spécialiste du Moyen-Orient qui a été amenée à l’Union sioniste par la députée Tzipi Livni, a déclaré à propos des résultats qui devaient encore être finalisés à l’heure où j’écris cet article : « Nous nous réveillerons demain et nous nous sentirons mieux. »

La future membre de la Knesset, qui a immigré en Israël depuis Moscou en 1991, gardait l’espoir que l’on puisse demander à Herzog de mettre en place un gouvernement dirigé par l’Union sioniste.

Non loin, le rabbin Gilad Kariv a déclaré que « celui à qui l’on aurait dit que nous aurions pu obtenir une égalité il y quelques mois l’aurait accepté bien volontiers ». De plus, il a expliqué qu’une « dynamique de changement » avait été établie.

Mais la foule, principalement composée de jeunes et pas très nombreuse, semblait accepter le verdict des urnes : le parti qui a dirigé le pays pendant ses 25 premières années mais qui a gagné une élection pour la dernière fois en 1999 a peu de chances de revenir au pouvoir cette fois-ci.