JTA – Les juifs ont récemment déploré le manque de fierté juive de Bernie Sanders, mais quand il était maire de Burlington, dans le Vermont, Sanders a laisse le Habad « sentir le Bern ».

Ou au moins il s’est battu pour le droit du Habad à allumer des bougies de Hanoukka sur un terrain municipal.

Le soutien de Sanders pour la présentation d’une hanoukkia devant la mairie de Burlington avait fait les gros titres nationaux dans les années 1980, mais avait été oublié jusqu’à la semaine dernière, quand l’éditeur de chabad.org Dovid Margolin a redécouvert l’histoire. Margolin étudie l’histoire des expositions de hanoukkia aux Etats-Unis.

Sanders a d’abord autorisé la présentation d’une hanoukkia de 2,5 mètres de haut pour une nuit de Hanoukka en 1983, à la demande du rabbin Yotzchak Raskin, alors nouvel émissaire du Habad dans le Vermont.

Dans le récit de Margolin, Sanders était heureux du premier allumage :

« Le 1er décembre 1983, devant un rassemblement d’environ 35 étudiants juifs de l’université du Vermont, il est sorti par l’escalier de la mairie, portant une kippa, lisant parfaitement les bénédictions à voix haute, et a allumé deux bougies, pour le deuxième soir de Hanoukka. »

La cérémonie est devenue un évènement annuel, et en 1986, Raskin a demandé à Sanders s’il pouvait disposer une hanoukkia de presque cinq mètres de haut dans le parc de la mairie pendant les huit jours de Hanoukka. Sanders a cherché une option légale, et ayant obtenu un feu vert, a donné son approbation au Habad.

L’union des libertés civiques américain, maintenant alliée de Sanders (elle lui a donné une note de 93 sur 100 pendant sa carrière au Congrès) avait protesté en 1987 et mené un procès en 1988. Sanders n’avait pas reculé et avait défendu l’installation de la hanoukkia devant les tribunaux en 1989, sa dernière année en tant que maire et l’année où une cour d’appel a établi que la hanoukkia ne pouvait pas apparaître devant la mairie.

Bernie Sanders pendant le débat PBS NewsHour des candidats démocrates à l'élection présidentielle à l'université du Wisconsin-Milwaukee, le 11 février 2016. (Crédit : Win McNamee/Getty Images)

Bernie Sanders pendant le débat PBS NewsHour des candidats démocrates à l’élection présidentielle à l’université du Wisconsin-Milwaukee, le 11 février 2016. (Crédit : Win McNamee/Getty Images)

D’une certaine manière, la bataille de la hanoukkia souligne les qualités que Sanders, à présent sénateur indépendant du Vermont, a montrées dans sa campagne pour être le candidat démocrate à l’élection présidentielle.

Sa volonté de dévier de l’orthodoxie de gauche est peut-être mieux connue dans son rejet de certaines politiques favorisées par les groupes pour le contrôle des armes à feu, plus particulièrement son opposition à tenir responsable les magasins d’armes à feu pour les crimes commis avec leur marchandise. Son appétit pour le contentieux est récemment apparu évident dans son procès contre le parti démocrate pour ses actions dont il dit qu’elles favorisent sa rivale, Hillary Rodham Clinton.

Ce qui est notable est à quel point Sanders semblait embrasser chaleureusement son identité juive en tant que maire.

En 1983 et 1985, il avait aussi tenu compte de l’appel du rabbin Menachem Schneerson, le rabbin Loubavitch, au président, aux gouverneurs et aux maires pour proclamer une Journée de l’éducation.

Comme d’autres officiels, dont chaque président depuis Jimmy Carter, Sanders avait émis les proclamations annuelles pour marquer l’anniversaire de Schneerson. Mais de manière inhabituelle, Sanders datait la proclamation selon le calendrier hébraïque. En 1985, il avait même noté que la journée tombait la même semaine que le 850e anniversaire de Maïmonide, qu’il a décrit comme « liant le principe de raison à la libération humaine ».

En proclamant la Journée de l’éducation, Sanders sonnait comme le socialiste qu’il était fier d’être. Schneerson, a-t-il déclaré, « a recherché les opprimés et les désavantagés financièrement, rendant ainsi effectif leur affranchissement par l’éducation ».

Sanders a reçu des coups prévisibles pour sa position sur la hanoukkia. Un militant local avec qui il avait travaillé sur le sujet de la pauvreté, le révérend Paul Bortz, lui a écrit en 1988 « Facturez-vous le [mouvement] Loubavitch du Vermont pour les frais judicaires ? »

Joseph McNeil, l’avocat de la ville, avait déclaré pendant une conférence de presse en 1987 défendant la présence d’une semaine de la hanoukkia que la ville avait reçu « des appels malheureux suggérant que, parce que le gouverneur et le maire étaient tous deux juifs, nous pourrions être plus enclins à autoriser une hanoukkia qu’une crèche ». (La gouverneur Madeleine Kunin, qui était effectivement juive, s’est opposée à la présentation de la hanoukkia sur une propriété publique.)

En 1983, quand Schneerson a écrit à Sanders pour le remercier pour la proclamation de la Journée de l’éducation, le maire a appelé l’un de ses plus proches amis, un juif orthodoxe qui, à l’époque comme aujourd’hui, est professeur de philosophie à l’université du Vermont, pour se vanter un peu.

Richard Sugarman, interrogé par le site internet du Habad, s’est rappelé :

« Il a dit ‘J’ai une lettre qui pourrait t’intéresser’. J’y suis allé et l’ai lue, et ensuite je lui ai demandé si ça le dérangeait que je garde la lettre originale. J’ai été surpris quand il m’a répondu ‘Non, cette lettre est pour moi, je veux la garder’. »