Le ministère sud-africain de la Santé retient son feu vert pour donner une autorisation à un dispositif de circoncision de fabrication israélienne, bien qu’il nie que la mesure soit liée aux efforts visant à boycotter le produit par des militants anti-israéliens.

Les syndicats en Afrique du Sud ont mis la pression sur Pretoria afin de ne pas autoriser le PrePex, présenté comme un dispositif médical non chirurgical, sûr et peu coûteux, conçu pour faciliter la circoncision masculine volontaire et médicale des adultes tout en réduisant la propagation du VIH en Afrique sub-saharienne.

« Nous connaissons les avantages et les inconvénients [du PrePex] mais nous ne sommes pas encore arrivés à une conclusion sur ce dispositif, » a déclaré le porte-parole du ministère de la Santé Joe Maila, selon le quotidien sud-africain Business Daily.

« Nous ne sommes soumis à aucune pression de quiconque, mais je ne peux dire quand nous allons prendre cette décision. Lorsque nous la prendrons, nous dirons au pays pourquoi nous avons pris cette décision ».

Le boycott de l’appareil a été lancé en 2013 par le Congrès des syndicats sud-africains, appelé Cosatu et par le Congrès national africain, qui ont été des supporters de la campagne BDS et des efforts pro-palestiniens internationaux.

PrePex aurait la capacité de diminuer le nombre de décès et de blessures causés par des pratiques dangereuses de la circoncision. Il a été approuvé par l’Organisation mondiale de la santé l’année dernière et devait être introduit dans les hôpitaux et les cliniques d’Afrique du Sud à la mi-2015.

L’anneau de circoncision a été élaboré pour réduire le risque de contracter le VIH de près de 60 %. En juillet, la South African Press Association a rapporté que jusqu’à présent en 2014, les circoncisions manquées avaient tué au moins 35 jeunes hommes et hospitalisé près de 180 personnes.

Le porte-parole du Cosatu, Patrick Craven, a déclaré que le fonctionnement de l’appareil importait peu. « Ce que nous disons, c’est qu’il devrait y avoir un boycott de tous les produits en provenance d’Israël, y compris celui-ci. Il ne peut y avoir d’exceptions, » a-t-il fait savoir, selon plusieurs rapports parus dans des médias sud-africains le mois dernier.

L’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, connu pour ses prises de position sceptiques envers les efforts de prévention du sida, a également rejoint l’appel à boycotter le dispositif médical, appelant la population à se mobiliser contre Israël et dire qu’il doit « payer un prix pour ses positions ».

Thobile Mbengashe, le directeur en chef du département VIH au ministère de la Santé, a exhorté le Cosatu à reconsidérer sa position suite à une conférence sur le VIH en juin dernier.

« Nous devons laisser de côté la politique parce que ce qui est important maintenant, c’est de sauver la vie des gens. Nous ne pouvons pas dire que nous ne pouvons pas utiliser un produit à partir d’un certain pays, même si cela va nous aider, tout simplement parce que nous n’aimons pas ce pays, » a-t-elle dit, selon le quotidien économique.