Quelques jours avant le référendum écossais sur l’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, le leader du Parti national écossais, Alex Salmond, a quelque peu assimilé le terrorisme de l’État Islamique et la campagne militaire israélienne de cet été contre le Hamas à Gaza.

S’exprimant sur la BBC dimanche, le chef séparatiste a répondu à une question sur la décapitation de David Haines, un travailleur humanitaire britannique, le week-end dernier par l’EI, décrivant l’assassinat comme un acte « d’une barbarie inexplicable » et soulignant plus tard que « la communauté musulmane écossaise n’est pas responsable sous quelque forme que ce soit des atrocités ou de l’extrémisme en Irak ou ailleurs ».

« Je veux dire, a poursuivi Salmond, tout comme il y a quelques semaines, la communauté juive écossaise n’est pas responsable de la politique de l’Etat d’Israël ».

Le journaliste n’a pas creusé la comparaison, et Salmond a précisé : « Le message doit être bien clair que toute attaque raciale et religieuse sera combattue par la loi et ne sera pas tolérée ».

Vivian Wineman, le président du « Board of deputies » des Juifs de Grande-Bretagne, a dénoncé ces propos tout en expliquant qu’il ne pensait pas que Salmond visait à comparer vraiment Israël et l’EI.

« Toute tentative d’assimiler les actions du gouvernement israélien démocratiquement élu pour défendre ses citoyens à des assassinats de sang-froid méprisables par des terroristes serait à l’évidence absurde et ignoble et nous ne pouvons pas concevoir que c’était l’intention du Premier ministre d’Ecosse » a déclaré Wineman au Jewish Chronicle.

L’opération Bordure protectrice a été la plus longue et la plus meurtrière des trois guerres entre le Hamas et Israël en moins de six ans. Plus de 2 000 Palestiniens ont été tués. Israël affirme que près de la moitié des morts étaient des hommes armés du Hamas et d’autres groupes terroristes. 62 personnes ont été tuées du côté israélien, dont 6 civils.

Salmond, Premier ministre du parlement écossais, est le chef de file des indépendantistes. Le pays va voter jeudi dans un référendum sur l’opportunité de rester dans l’union avec l’Angleterre et le reste du Royaume-Uni.

Les sondages suggèrent que le camp du non est à la traîne dans tous les groupes d’âge, sauf chez les plus de 60 ans.

Ils indiquent que plus de 63 % de ce groupe d’âge devraient se prononcer en faveur de l’union. Comme les personnes âgées sont plus susceptibles de figurer sur les listes électorales, une immense campagne a eu lieu pour que les plus jeunes s’engagent et votent pour l’indépendance.

L’intérêt pour le référendum est réel. Un total de 4 285 323 personnes, soit 97 % de la population en âge de voter, se sont inscrites pour voter au référendum. C’est une augmentation de 300 000 par rapport aux chiffres d’inscription de 2012.

Le taux de participation pour le scrutin de jeudi pourrait dépasser
85 %, par rapport à un taux qui a avoisiné les 50 % aux dernières élections du Parlement écossais en 2011, et aux 63,8 % des élections britanniques de 2010.

Beaucoup des Juifs d’Ecosse disent qu’ils se méfient de la sécession, citant des déclarations anti-israéliennes par le gouvernement écossais, les liens historiques avec le Royaume-Uni et les risques économiques potentiels que pourrait causer l’indépendance.

« Les Juifs en Ecosse ont été bien accueillis » a déclaré Malcolm Livingstone, président de la Communauté juive de Glasgow. « Ce n’est que récemment que les groupes pro-palestiniens extrêmes ont bouleversé les choses. Le Parlement écossais a montré de sérieux signes anti-israéliens, voire d’attitudes antijuives ces derniers temps » a-t-il précisé.

L’Ecosse compte moins de 6 000 Juifs – environ 0,1 % de la population – la plupart vivant dans et autour de la métropole industrielle de Glasgow.

Au cours de la guerre entre Israël et le Hamas, le gouvernement écossais a publié huit déclarations critiquant les actions d’Israël à Gaza.

Le 5 août, il a appelé à un embargo sur les armes contre Israël pour protester contre la mort de civils à Gaza. L’hôtel de ville de Glasgow a même fait flotter le drapeau palestinien au cours d’une journée en août.

Les résolutions anti-israéliennes en Écosse se sont produites avec – comme souvent – un pic d’antisémitisme. Plus de 35 actes antisémites se sont produits en juillet et en août, comparativement à 14 actes pour l’ensemble de l’année 2013.

Alors que le Parti national écossais de Salmond, en faveur de l’indépendance, a condamné l’antisémitisme, certains Juifs craignent que le sentiment nationaliste ne l’ait encouragé.