Quand l’histoire de cette guerre s’écrira, on se souviendra que :

La Grande-Bretagne a abandonné Israël.

La position de principe initiale du Premier ministre David Cameron en soutien à Israël s’est graduellement transformée.

A un tel point que le 12 août, le ministre du Commerce britannique a annoncé que si le Hamas attaquait encore Israël, il arrêterait de vendre des armes à Israël. Non, vous n’avez pas mal lu. Si le gouvernement terroriste de Gaza, qui a juré de détruire Israël, était à l’initiative de nouvelles attaques contre Israël, la Grande-Bretagne arrêterait de vendre des armes à Israël, qui en a besoin pour garder son peuple en sécurité.

(Voici la déclaration du secrétaire du [ministre du] Commerce, Vince Cables : « Le gouvernement du Royaume-Uni n’a pas pu clarifier si le critère pour la licence d’exportation [israélienne] était rempli. A la lumière de cette incertitude nous avons décidé de suspendre ces licences d’exportation dans le cas d’une résurgence d’hostilités importantes ». Les italiques sont de moi.)

Il va sans dire que l’ONU a mobilisé tous ses forums biaisés pour porter préjudice à Israël.

Les pays arabes aussi s’y sont joints énergiquement – même les pays qui connaissent au prix de leur propre sang la véritable inhumanité des organisations terroristes islamistes.

L’hostilité manifestée de toutes parts dans l’arène internationale était choquante, mais cela n’était pas aussi surprenant.

Mais la Grande-Bretagne, qui a occupé une place centrale dans la renaissance de la patrie juive le siècle dernier, a pris une mesure, qui sans les capacités d’Israël et de ses autres alliances, aurait mené à un processus qui aurait rendu Israël impuissant face à ceux qui veulent l’annihiler.

Et cela est plus que répréhensible. C’est un échec moral de premier ordre. Les personnes qui ont joué un rôle dans cette prise de décision devraient avoir honte. Mis à part l’impact sur Israël, cela doit profondément inquiéter ceux qui aiment et apprécient la Grande-Bretagne et ceux qui s’inquiètent de son avenir.

Les Etats-Unis ont largement et de manière déterminante soutenu Israël.

Idéalement, ils étaient avec Israël à des moments diplomatiques clés, grâce à un partenariat militaire vital, ont veillé à ce que ses élus se tiennent solidement aux côtés de lui à un moment où il en avait besoin, et sont dirigés par une administration qui a un bon cœur, mais dont la tête n’a jamais tout à fait intégré la cruauté vicieuse du Moyen-Orient.

Les déclarations répétées sur le fait qu’Israël a « le droit de se défendre » par le président, le secrétaire d’Etat et d’autres hauts fonctionnaires, étaient bienvenues et nécessaires.

Mais le message complet aurait dû être qu’Israël a l’obligation de se défendre contre une organisation qui a porté l’immoralité de la guerre vers de nouvelles profondeurs, violant les mosquées, les écoles, les maisons et en utilisant les Gazouis, dans certains cas littéralement, comme boucliers humains pour tenter inlassablement de tuer des Israéliens.

Cette stratégie de défense plus solide aurait pu, à son tour, cimenter un soutien plus important pour Israël ailleurs.

Barack Obama (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

Barack Obama (Crédit : Alex Wong/Getty Images/AFP)

Et les Etats-Unis devraient maintenant être la tête d’une chorale internationale qui affirme clairement qu’il ne peut y avoir d’assouplissement sans surveillance de l’accès à Gaza tant que le Hamas est capable d’abuser de cet assouplissement pour reconstruire sa machine de guerre.

Il n’est pas trop tard pour les Etats-Unis de définir et de défendre une politique moralement claire sur le fait qu’il y a une volonté internationale de réhabiliter Gaza, et une volonté internationale commune de s’assurer qu’une répétition de la violence comme ces cinq dernières semaines ne recommencera pas – et que la seule façon d’y parvenir est de désarmer le Hamas.

Malheureusement, il est peu probable que nous voyions cela d’un président qui a déclaré la semaine dernière que le Hamas avait agi « [d’une manière] extraordinairement irresponsable » en tirant des milliers de roquettes sur Israël. Était-ce vraiment la terminologie la plus appropriée que ce leader mondial éloquent a pu trouver ?

Le journalisme international a fait un travail lamentable dans sa couverture du conflit.

Certains médias ont délibérément, malicieusement et continuellement biaisé leur reportage. Ils ont systématiquement déformé le conflit au détriment d’Israël, avec soit des mensonges éhontés ou une présentation sélective de l’information.

D’autres n’ont tout simplement pas documenté la guerre du Hamas contre Israël – soit à cause d’une intimidation, soit par lâcheté, soit par incompétence ou en raison d’un véritable danger et de la complexité de faire des reportages de Gaza.

Cela me semble curieux que seule une équipe indienne de télévision ait prouvé qu’elle était capable de filmer un lancement de roquettes du Hamas en plein milieu d’un quartier résidentiel de Gaza et que seul un journaliste finlandais ait réussi à parler d’un tir de roquette de l’hôpital principal de la ville de Gaza.

Même si on est prêt à accepter le fait que le Hamas a fait en sorte que cela soit impossible pour les journalistes de fournir des faits et des images illustrant les deux côtés de la guerre, cet échec est alors exacerbé par le fait que les médias ne reconnaissent pas leurs limites lorsqu’ils font des reportages.

Ce n’est seulement qu’après cinq semaines entières de combats que la Foreign Press Association [l’association de la presse étrangère] a fait une déclaration en reconnaissant ce fait.

Elle a déclaré que la FPA « proteste dans les termes les plus forts contre les méthodes flagrantes, incessantes, fortes et non-orthodoxes employées par les autorités du Hamas et ses représentants contre les journalistes internationaux présents à Gaza le mois dernier…

Les médias internationaux ne sont pas un groupe de lobbyistes et on ne peut pas les empêcher de faire des reportages en les menaçant ou en les mettant la pression, empêchant ainsi leurs lecteurs et leurs audiences d’avoir une image objective du terrain ». Seulement, on peut empêcher les médias de faire une couverture équitable, et dans ce conflit c’était souvent le cas.

Le propre ministre des Affaires étrangères d’Israël a inlassablement sapé le gouvernement.

Il s’est publiquement insurgé contre ses politiques [du gouvernement] et a constamment critiqué les décisions du forum le plus important du pays, composé de huit personnes, dont il est membre.

Autour de la terre, notamment en Europe, le conflit a été exploité par les antisémites.

Il a été exploité par des personnes animées par une haine qui a engendré une vague d’hostilités sans précédent –démontrée par les manifestations, les actes de vandalisme et les attaques physiques, par la pression économique et par les propos incendiaires dans les médias sociaux.

Si on était tenté de croire que l’antisémitisme avait été marginalisé après la Deuxième Guerre mondiale, ces dernières semaines démontrent que la période d’après-guerre n’était que passagère, et que la plus ancienne maladie redevient une épidémie, encore une fois, avec des conséquences potentiellement graves sur les communautés juives dans le monde et bien sûr en Israël.