Deux personnes ont péri dans un attentat à la voiture piégée dimanche dans un fief du Hezbollah chiite dans l’est du Liban, près de la frontière syrienne, selon un nouveau bilan revu à la baisse lundi.

Dans la même région, l’armée libanaise a fait exploser une voiture piégée « qui avait éveillé les soupçons dans la localité al-Fakiha », située à cinq km environ au nord de celle d’Al-Nabi Othman où l’attentat a eu lieu la veille, selon une source de sécurité.

Selon l’agence nationale d’information (ANI), le bilan de l’attaque menée dans la plaine de la Békaa, revendiquée par les djihadistes du Front al-Nosra et par un groupe armé sunnite peu connu Liwa Ahrar al-sunna, est de « deux morts et 14 blessés ».

Les deux morts sont des membres du Hezbollah.

Un précédent bilan faisait état quatre morts dans l’attaque qui a été menée par un kamikaze. « Des membres du Hezbollah ont vu qu’il était sur le point de commettre un attentat et ont tenté d’arrêter le véhicule. C’est alors que l’assaillant a détoné sa charge », selon une source de sécurité.

Cet attentat est survenu quelques heures après la conquête d’une ville syrienne rebelle, Yabroud, dimanche par l’armée syrienne aidée du Hezbollah libanais.

Concernant la voiture, qui a été neutralisée, elle a été « trouvée garée sur un chemin de terre », a indiqué la source de sécurité en précisant que des soldats avaient tiré sur la voiture provoquant une forte explosion.

La télévision du Hezbollah, Al-Manar, a diffusé des images montrant une voiture garée sur une petite colline plantée d’oliviers, à 300 mètres d’une école.

Le Hezbollah et les services de sécurité libanais estiment que nombre de voitures piégées, utilisées lors de précédents attentats suicides au Liban, ont été piégées à Yabroud.

Les bastions du Hezbollah dans l’Est du Liban et la banlieue sud de Beyrouth ont été la cible d’une série d’attaques meurtrières, dont de nombreux attentats suicides à la voiture piégée, depuis que le puissant mouvement chiite a reconnu envoyer des combattant pour soutenir en Syrie les troupes du régime de Bashar el-Assad contre les rebelles.

Le Front al-Nosra au Liban, qui aurait des liens avec al-Nosra en Syrie, émanation officielle d’Al-Qaïda, a revendiqué l’attaque via twitter, la décrivant comme « une réaction rapide à la provocation du parti de l’Iran (le Hezbollah, NDLR) qui a violé Yabroud« .

Liwa Ahrar al-Sunna avait déjà revendiqué l’attentat, le décrivant, également sur twitter, comme une « revanche pour Yabroud ».

Le Liban est très profondément divisé au sujet du conflit en Syrie, entre le Hezbollah chiite et ses alliés d’un côté, qui soutiennent le régime Assad, et de l’autre la majorité des sunnites qui soutiennent la rébellion.