D’anciens hauts responsables de la sécurité ont déclaré qu’Israël finirait par perdre son caractère juif et démocratique si le pays suivait le plan d’annexion de zones de Cisjordanie, décrété par le ministre de l’Education Naftali Bennett.

“Nous ne devrions pas annexer la Cisjordanie et ses 2,5 millions de Palestiniens. Nous devons préserver l’aspect démocratique d’Israël et son caractère juif”, a expliqué le major-général à la retraite Amnon Reshef aux journalistes rassemblés lors d’une conférence de presse à Tel Aviv.

Le groupe de Reshef, les « Commandants pour la sécurité d’Israël« , est constitué de plusieurs centaines d’anciens officiers de haut-rang issus des divers services israéliens de sécurité.

Il s’est déjà distingué dimanche après avoir posé des panneaux d’affichage à travers tout le territoire qui mettaient en garde contre une éventuelle prise de contrôle d’Israël par les Palestiniens.

Le groupe est apolitique mais fermement engagé en faveur d’une solution à deux Etats, la seule capable, selon lui, de protéger le pays et ses citoyens.

“Je ne veux pas voir des camions arriver de Jabel Mukaber [quartier de Jérusalem-Est] et foncer en prenant pour cibles nos soldats. Je ne le veux pas », a expliqué le major-général Gadi Shamni, ancien commandant du Front Central de l’armée israélienne.

Shamni faisait référence à l’attentat au camion-bélier perpétré la semaine dernière. Le chauffeur d’un camion, originaire de Jabel Mukaber, avait précipité son véhicule dans un groupe de militaires israéliens, tuant quatre d’entre eux et faisant plus d’une douzaine de blessés.

Selon Shabtai Shavit, un ancien chef du Mossad, les dirigeants du pays n’ont aucun programme de résolution du conflit israélo-palestinien à proposer.

“Quelqu’un sait-il ce que veut Israël aujourd’hui ? Quand je parle d’Israël, je veux bien sûr parler du gouvernement. Quelqu’un sait-il vers quoi nous nous dirigeons ? Ou plus précisément, quelqu’un sait-il où on est en train de nous emmener ? » s’est interrogé Shavit.