Moscou a exhorté Varsovie à « cesser de se moquer de l’Histoire » après les déclarations du chef de la diplomatie polonaise selon lequel les Ukrainiens, et non l’Armée rouge, ont libéré le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 1945.

Le chef de la diplomatie polonais, Grzegorz Schetyna, avait affirmé mercredi que « c’étaient des soldats ukrainiens qui étaient présents (à Auschwitz) en ce jour de janvier (1945), ce sont eux qui ont ouvert les portes du camp, ce sont eux qui ont libéré le camp ».

« Il faut cesser de se moquer de l’Histoire et dans cette hystérie anti-russe, il y a un manque de respect à la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la libération de l’Europe », a répondu dans un communiqué le ministère russe des Affaires étrangères, rappelant que « toutes les nationalités combattaient au sein de l’Armée rouge ».

Le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau a été libéré le 27 janvier 1945 par des soldats de la 322e division du « Premier Front ukrainien » de l’Armée rouge.

Ces hommes pouvaient donc être originaires de toutes les républiques soviétiques, notamment la république socialiste soviétique de Russie ou d’Ukraine.

« Hitler n’a pas été vaincu par l’Armée rouge mais par (Stepan) Bandera », titrait jeudi avec ironie le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda, en référence à l’ancien chef de file des nationalistes ukrainiens, dont de nombreux partisans ont collaboré avec les nazis et parfois les SS.

Le 70e anniversaire de la libération du « camp de la mort » d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique réunira au total les représentants de 38 pays.

La Russie sera représentée par le chef de l’administration présidentielle Sergueï Ivanov, le président Vladimir Poutine ne souhaitant pas participer à des cérémonies auxquelles il n’a pas été officiellement invité.

Aucune invitation officielle n’a été en réalité envoyée aux responsables politiques, le Musée d’Auschwitz-Birkenau ayant décidé de centrer ce 70e anniversaire sur les survivants dont quelques trois cents d’entre eux sont attendus mardi dans l’ancien camp nazi allemand.