Un rassemblement a été organisé, à la mairie de St-Mandé puis devant le magasin HyperCacher à la sortie de Shabbat, à la mémoire des victimes juives de la prise d’otages du magasin casher à Vincennes.

Le Premier ministre français Manuel Valls s’y est rendu, accompagné du maire de Paris Anne Hidalgo, le député juif UDI Meyer Habib, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale et la ministre de la Justice Christiane Taubira.

Des personnalités du monde juif (UEJF, CRIF, Consistoire) avaient appelé à leur rendre hommage.

Un fan de rap qui affichait sur sa page Facebook « je suis Charlie », un étudiant et deux pères de famille : l’identité des quatre juifs tués lors de la prise d’otages vendredi à Paris a été dévoilée samedi par le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Il s’agit de Yohan Cohen, 23 ans, employé du supermarché casher où s’est produite la prise d’otages, de Yohav Attab, 22 ans, étudiant d’origine tunisienne, de François-Michel Saada, cadre à la retraite de 64 ans, et de Philippe Braham, 45 ans, cadre commercial dans une société d’informatique.

Rassemblement pour les victimes juives de Vincennes - 10 janvier 2015 (Crédit : AFP)

Rassemblement pour les victimes juives de Vincennes – 10 janvier 2015 (Crédit : AFP)

Fan de rap, Yohan Cohen était le petit-fils d’un célèbre chanteur judéo-tunisien, Doukha, décédé en décembre. Les parents de cet employé du supermarché sont originaires d’Afrique du nord – le père d’Algérie, la mère de Tunisie – et se sont installés à Sarcelles, en banlieue parisienne, dans les années 60.

Sur sa page Facebook, où on le voit aux côtés de sa petite amie, il avait affiché « Je suis Charlie » en hommage aux douze personnes tuées mercredi dans l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo.

Yohav Hattab, issu d’une fratrie de sept enfants, vivait seul à Paris où il était étudiant. Son père est directeur d’une école juive à Tunis, où vit toute sa famille qui est arrivée à Paris samedi après-midi.

Rassemblement pour les victimes juives de Vincennes - 10 janvier 2015 (Crédit : AFP)

Rassemblement pour les victimes juives de Vincennes – 10 janvier 2015 (Crédit : AFP)

François-Michel Saada, né à Tunis, était marié et père de deux enfants qui vivent tous deux en Israël. « C’était quelqu’un d’extrêmement droit, qui a conduit sa vie pour le bonheur de sa famille, qui ne faisait jamais d’histoire. Un mari, un papa exemplaire », a décrit un de ses amis.

Enfin, Philippe Braham, pratiquant, fréquentait la synagogue de Montrouge (banlieue parisienne) tandis que ses enfants fréquentaient une école juive de cette ville située non loin des lieux de la fusillade jeudi au cours de laquelle une policière municipale a été tuée.

L’auteur de la fusillade, Amedy Coulibaly, est aussi le preneur d’otage de la supérette, tué lors d’un assaut des unités d’élite.

M. Braham était le frère du rabbin de la synagogue de Pantin, dans la banlieue parisienne. Il est décrit par un ami comme « quelqu’un de dévoué, toujours prêt à rendre service aux autres ».