Azaria, mariée et mère de quatre enfants, qui se dit religieuse, a acquis la réputation de savoir comment faire bouger les choses à Jérusalem.

Elle a accumulé une liste considérable de succès depuis son élection au conseil municipal de Jérusalem en novembre 2008. Parmi eux, des campagnes politiques et juridiques efficaces contre l’exclusion des photos de femmes des publicités et espaces publics. Elle a également veillé à ce que davantage de rues dans la capitale soient nommées d’après des femmes.

Dans ses efforts pour améliorer la vie des jeunes familles à Jérusalem, Azaria a prolongé l’année préscolaire à 11 mois, dans l’intérêt des parents qui travaillent, et a institué une garde post-scolaire gratuite ou subventionnée pour les familles à faible revenu.

Azaria a également obtenu des entreprises de services alimentaires scolaires de retirer les aliments malsains de leurs menus et les remplacer par des mets nutritifs.

Attirant la jalousie des femmes des réservistes de Tsahal dans d’autres villes, Azaria a organisé l’été dernier un programme de soutien complet aux familles des réservistes de l’opération Bordure protectrice. L’armée israélienne envisage désormais de l’adopter pour tout le pays.

Après avoir reçu des mails de personnes à travers le pays demandant : « Pourquoi n’avons-nous pas une Rachel Azaria à Rehovot ? » ou « Pourquoi n’avons-nous pas une Rachel Azaria à Modiin ? », l’adjointe au maire a décidé qu’il était temps d’aspirer à une fonction nationale.

« Il y a tout simplement des questions que je ne peux aborder seulement au niveau municipal », explique-t-elle.

Le transport en commun est l’une d’elles. Actuellement, les municipalités n’ont pas l’autorité de changer même une ligne de bus ; toutes les décisions sont prises au niveau national.

« Une des plus importantes solutions pour tous les embouteillages est le transport en commun… Ce que nous devons faire, c’est inciter le gouvernement à accorder aux municipalités le pouvoir de gérer la planification du transport local. Ce changement ne peut être fait qu’au niveau national », déclare Azaria.

Azaria veut aussi s’attaquer au coût de la garde d’enfants pour les zéro à trois ans, qui est monté en flèche de 50 % entre 2001 et 2011, et d’un énorme 25 % entre 2009 et 2011 seulement – une des principales raisons qui ont fait descendre les parents dans les rues en 2011. Azaria était l’un des principaux leaders de ces manifestations, connue sous le nom de « Manifestation des poussettes ».

« Le gouvernement prend en charge 20 % des gardes d’enfants. Mais pour toutes les familles, elle reste très coûteuse, car il n’y a pas de concurrence et aucune transparence », pointe Azaria.

« Les prix des centres de garde subventionnés par le gouvernement continuent d’augmenter car ils entraînent la hausse des prix généraux. Dès que les honoraires de ces centres augmentent, les garderies privées commencent à demander plus. L’ensemble du marché est affecté. »

Selon Azaria, il n’y a pas de solution globale aux problèmes de ce genre, ou concernant la privatisation versus le gouvernement. Pour elle, certains services et activités devraient être privatisés, tandis que d’autres devraient rester publics.

Azaria souhaite que chaque problème soit décortiqué et examiné afin de trouver la bonne solution.

« Il s’agit de se pencher sur chaque question, de détecter les problèmes et les résoudre. Il faut cartographier les situations, les ouvrir. Comprendre qui sont les différentes parties prenantes, qui est avec vous et qui est contre vous », dit-elle.

Azaria a pris l’habitude d’avoir des détracteurs lorsqu’elle tente d’opérer un changement.

« Résoudre des problèmes peut impliquer d’affronter des gens de pouvoir et se faire des ennemis. Vous finissez par payer un prix », reconnaît-elle.

« Il y aura toujours quelqu’un qui ne comprend pas ce que vous faites. »

Mais Azaria a appris à se forger une carapace et a appris sur le tas comment fonctionne le système pendant son parcours au sein de la municipalité.

« Le fait d’avoir raison n’est pas suffisant. D’autres personnes doivent être convaincues. Vous devez rassembler tous les joueurs à bord », dit-elle.

Pour Azaria, être un leader efficace, c’est aussi gérer les attentes tout en faisant le travail. Elle sait que tout changement prend du temps. Elle cite en exemple sa « révolution » pour que la nourriture servie dans les écoles maternelles soit plus saine. Il lui a fallu près de six ans pour y arriver.

A la question de savoir si elle travaillera sur les questions de paix et de sécurité une fois à la Knesset, Azaria affirme qu’elle les laissera à d’autres membres de la liste Koulanou, tel que l’ancien ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Michael Oren, ou le général Yoav Galant.

Au sujet de sa position personnelle sur une solution à deux Etats dans le conflit avec les Palestiniens, et sur l’expansion des implantations juives en Cisjordanie, Azaria préfère présenter la ligne du parti Koulanou, faisant écho à de récentes déclarations de Kahlon.

« Le parti Koulanou soutiendra un accord qui maintiendra les principaux blocs d’implantations sous domination israélienne, une Jérusalem sûre, la reconnaissance d’Israël comme Etat juif, et le refus du droit au retour. Ces lignes directrices sont très claires, et ont l’aval de la majorité des Israéliens. Il est évident que les gens ne sont pas encore mûrs pour parvenir à un accord et je ne crois pas que cela arrivera pour l’instant, malheureusement », dit-elle.

Azaria est focalisée sur les questions socio-économiques.

« Ces élections ne portent pas sur l’aile droite et l’aile gauche. Elles ne peuvent pas l’être et ne devraient pas l’être », dit-elle.

« Huit millions de personnes vivent ici en Israël. Je tiens à rendre leur vie meilleure. »