Dans une ville économiquement déprimée et peuplée principalement par un groupe minoritaire, un jeune homme est tué dans des circonstances controversées.

Dans les jours qui suivent, les émeutes enflament la ville, opposant les résidents frustrés et en colère contre la police, qui maintient que ses agents ont agi en légitime défense.

Mais les militants affirment que l’incident met en lumière le racisme structurel qui a conduit à un modèle de brutalité policière contre les minorités.

Cela vous rappelle quelque chose ?

La mort d’un jeune homme arabe ce mois-ci dans la ville bédouine de Rahat comprend plusieurs parallèlismes avec la mort par balles l’année dernière de Michael Brown à Ferguson dans le Missouri, qui a enflammé des protestations qui se sont propagéees à travers les États-Unis.

Dans les deux cas, les décès sont partis d’affrontements violents alimentés en partie par le ressentiment profond d’une population minoritaire défavorisée.

« Ce qui est similaire, c’est que la police – l’organisme gouvernemental – agit avec un excès de pouvoir envers les minorités », a estimé Thabet Abu Rass, co-directeur exécutif des Abraham Fund initiatives, une organisation judéo-arabe qui organise des ateliers de sensibilité culturelle pour la police israélienne.

« Les deux cas ont eu le même résultat, avec la mort de deux personnes. Ce n’est pas une petite chose. »

Le 15 janvier, Sami al-Jaar, 20 ans, a été tué au cours de ce que la police a dit être une recherche de drogue. La police a déclaré que Jaar a été pris dans la ligne de feu dans une fusillade entre la police et les suspects, et qu’il n’est pas clair de quelle arme a été tiré le coup fatal.

Mais pour le Centre Mossawa, une organisation non gouvernementale israélienne qui milite pour les droits des Arabes, Jaar n’était pas impliqué dans la recherche de drogue et a été tué alors qu’il rentrait du travail. Mossawa affirme que la police a tiré sur Jaar devant sa porte avec l’intention de tuer.

Le porte-parole de la police Micky Rosenfeld a déclaré que le ministère israélien de la Justice enquêtait.

Comme avec les Afro-américains à Ferguson, les Arabes israéliens ont une relation tendue avec la police, dont moins de 2 % des agents étaient arabes en 2010. Les Arabes israéliens représentent 20 % de la population d’Israël.

La mort de Jaar a également frappé un sur nerf chez les Bédouins du Néguev, qui nourrissent une méfiance envers l’Etat née d’une lutte de longue date sur les droits fonciers.

En 2013, le gouvernement a cherché à déplacer des milliers de Bédouins des villages non reconnus autour de Rahat, cependant le plan a été abandonné suite à des protestations de députés.

« La tension entre l’Etat et les citoyens arabes, et en particulier avec les Bédouins, signifie que n’importe quel petit incident peut conduire à une crise comme ce qui est arrivé», a déclaré Amir Fuchs, chercheur à l’Israel Democracy Institute. « Les Arabes ici sentent la tension avec l’Etat. Ils affirment que l’Etat les chasse « .

Les résidents de Rahat ont protesté contre la mort de Jaar, conduisant à des affrontements avec la police lors de ses funérailles dans lesquelles un autre homme bédouin, Sami Ziadna, 43 ans, est décédé. Rosenfeld a déclaré que les policiers ont été attaqués à l’enterrement et que Ziadna est mort d’une crise cardiaque au milieu des troubles.

Mais Mossawa prétend que la police a provoqué les endeuillés, utilisant des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des tirs à balles réelles lorsque les participants aux obsèques ont protesté contre leur présence.

Mossawa a recensé 50 Arabes israéliens tués par la police depuis 2000. Le directeur de l’organisation, Jafar Farah, a déclaré dans un communiqué après l’enterrement de Jaar que « cette brutalité policière est une honte pour la démocratie. »

Rosenfeld a déclaré que les manifestations à Rahat se sont dissipées et que la police a renforcé les contacts avec les dirigeants locaux.

Mais il est peu probable que le ressentiment bédouin envers les autorités israéliennes s’améliore par une campagne de sensibilisation. Un projet de loi définissant Israël comme un Etat juif et les écarts dans le financement entre les villes juives et arabes, entre autres, ont conduit à un sentiment de désenchantement parmi la minorité arabe d’Israël.

Bien qu’elle ait été construite pour aider les Bédouins dans leur transition du nomadisme à un mode de vie moderne, Rahat est aujourd’hui une ville poussiéreuse et délabrée est ‘une des communes les plus pauvres d’Israël. Pendant la guerre de Gaza de cet été, les responsables se sont plaints d’un manque cruel d’abris pour protéger contre les roquettes.

Alors que de nombreux Bédouins plus âgés aient servi dans l’armée israélienne, les jeunes Bédouins ont dit à JTA qu’ils ne se sentent pas appartenir à l’Etat.

« Le public arabe se trouve dans le désespoir en raison de l’incitation au racisme et des attaques racistes qui existent », a déclaré Farah à JTA en octobre dernier.

« Nous ne voyons aucun avenir économique, aucun avenir diplomatique ».