Après une nuit de lourds affrontements entre les troupes israéliennes et des Palestiniens dans le camp de réfugiés de Qalandiya, des résidents ont décrit mardi matin la zone comme ayant été transformée en féroce champ de bataille.

Le combat, déclenché par une opération de sauvetage après que deux soldats soient entrés par erreur dans le camp et ont alors été attaqués, a impliqué des centaines de soldats et des dizaines de véhicules blindés qui sont arrivés dans Qalandiya pour chercher dans les allées et les ruelles du camp les soldats égarés, ont déclaré des résidents au Times of Israel.

Mais la lourde présence militaire et les incidents qui ont suivi ne sont pas inhabituels pour les résidents ou les soldats.

Presque chaque jour, des unités d’élite de l’armée israélienne mènent des opérations à Qalandiya, sous couverture ou en uniforme. Pour les forces de défense d’Israël, le 0,35 km² qui héberge 11 000 personnes, selon l’ONU, reste l’une des zones de menace les plus importantes et permanentes.

Le camp est rempli d’armes et de motivation à mener des attaques et presque chaque arrestation ici mène à des échanges de tirs et à des victimes.

Dans la compétition non officielle entre les différents camps de réfugiés en Cisjordanie et à Jérusalem pour le titre de ‘Camp le plus difficile’, Qalandiya ne rivalise qu’avec son voisin, Shuafat.

Des femmes palestiniennes devant un mur où sont représentés le défunt président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat et le chef emprisonné de Tanzim, Marwan Barghouti, au checkpoint de Qalandiya. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des femmes palestiniennes devant un mur où sont représentés le défunt président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat et le chef emprisonné de Tanzim, Marwan Barghouti, au checkpoint de Qalandiya. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il n’y a pas de hasard. Les deux camps sont situés dans la zone floue entre Jérusalem et Ramallah : entourés par les frontières municipales du grand Jérusalem, mais complètement évités par les autorités israéliennes.

Même l’Autorité palestinienne n’a pas de juridiction là-bas (comme stipulé par Israël) et ces deux camps sont donc devenus des îles de non-droit et un paradis pour les criminels, armés ou autres.

Contrairement aux autres camps de réfugiés de Cisjordanie, Shuafat et Qalandiya ont produit un nouveau terroriste presque chaque semaine depuis le début de la vague de violence en cours.

L’on trouve partout dans Qalandiya des rappels de la laideur des conditions du camp.

Des femmes palestiniennes tentent de traverser le checkpoint de Qalandiya pour aller prier un vendredi à la mosquée Al-Aqsa, le 26 juin 2015. (Crédit : Flash90)

Des femmes palestiniennes tentent de traverser le checkpoint de Qalandiya pour aller prier un vendredi à la mosquée Al-Aqsa, le 26 juin 2015. (Crédit : Flash90)

La route principale, constamment bloquée par une lente file d’embouteillages, se situe derrière un mur imposant couvert de graffiti ou de spectaculaires peintures murales décrivant la mukawama, un terme pour désigner la résistance palestinienne.

A quelques mètres de la route, s’érige une masse de maisons surchargées, construites sans planification et s’étendant dans toutes les directions.

Aux frontières du camp, se trouve le quartier de Kafr Aqab, où des vendeurs de drogues et des voleurs de voitures gèrent leurs affaires quotidiennes sans être dérangés.

C’est dans cet enfer que deux soldats sont accidentellement entrés et se sont perdus. Il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’eux et les forces qui sont entrées dans le camp pour les secourir ont dû traverser. Il n’est pas non plus difficile d’imaginer ce que les résidents du camp ont expérimenté pendant l’opération.

Qalandiya ne se métamorphosera probablement pas en quartier ordonné dans un futur proche. Au lieu de cela, le camp continuera à être un foyer d’activités hostiles contre Israël et d’activités criminelles contre ses résidents.