Les 26 prisonniers ont été mis à avoir été publié samedi dans le cadre des pourparlers de paix en cours.

La loi israélienne exige que le gouvernement fasse connaître les noms des prisonniers sélectionnés pour la libération au moins deux jours ouvrés avant qu’ils ne soient libérés, pour permettre leur traitement par la Haute Cour d’appel de la justice.

Mais le comité traitant de la libération des prisonniers, réunissant cinq ministres, et présidé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ne s’était pas réuni.

Le Bureau du Premier ministre a rejeté les demandes de commentaires sur la question.

Tzipi Livni, la ministre de la Justice et la négociatrice en chef des pourparlers avec les Palestiniens, a déclaré la semaine dernière qu’il n’y avait jamais eu d' »engagement automatique pour libérer des prisonniers sans qu’il n’y ait un intérêt pour progresser dans les négociations. »

Pour leur part, les chefs de mission de l’Union européenne dans les Territoires palestiniens ont mis en garde dans un rapport contre un « risque significatif » de conflagration régionale et de « déraillement des négociations de paix », en raison des tensions croissantes autour des lieux saints à Jérusalem-Est occupée, ont indiqué à l’AFP des sources diplomatiques.

Le gouvernement israélien est revenu sur son engagement à libérer un quatrième et dernier contingent de prisonniers palestiniens comme prévu samedi, a affirmé vendredi à l’AFP un dirigeant palestinien, Jibril Rajoub.

« Le gouvernement israélien nous a informé via le médiateur et parrain américain du processus de paix, qu’il ne se conformerait pas à la libération du quatrième contingent de prisonniers prévue samedi 29 », a déclaré M. Rajoub au lendemain d’une rencontre entre Mahmoud Abbas et l’émissaire américain Martin Indyk.

« Israël a refusé de respecter la liste des noms de prisonniers qui était convenue », tous incarcérés dans les prisons israéliennes avant les accords d’Oslo en 1993, a précisé M. Rajoub, membre du Comité central du Fatah, le mouvement de Mahmoud Abbas, dénonçant une « gifle à l’administration américaine », qui parraine les négociations de paix.

Mahmoud Abbas, lors d’une rencontre mercredi à Amman avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry sur ces libérations, avait refusé « tout compromis » et toute discussion sur d’autres sujets jusqu’à ce qu’elles interviennent, a indiqué jeudi un responsable palestinien à l’AFP sous le couvert de l’anonymat.

L’accord qui a permis la reprise en juillet des négociations après trois ans de suspension prévoit la libération, en quatre contingents, de 104 prisonniers incarcérés par Israël avant les accords israélo-palestiniens de 1993, en contrepartie de la suspension de toute démarche palestinienne pour adhérer aux organisations internationales, y compris les juridictions à compétence mondiale.

Si les trois premiers contingents de 26 prisonniers chacun ont été relâchés, le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué qu’il pourrait annuler la quatrième vague, compte tenu de la dégradation du climat entre les deux parties, à l’approche de l’échéance des pourparlers le 29 avril.

Le contentieux porte également sur la liste des prisonniers, parmi lesquels 14 ont la nationalité israélienne, que le gouvernement Netanyahu renâcle à relâcher, pour des motifs de souveraineté nationale.

Il existe néanmoins des précédents, notamment en 2011 lors de l’échange d’un millier de détenus contre le soldat Gilad Shalit.