La ville de Ramallah, en Cisjordanie, a annulé dimanche la projection d’un film libanais après des appels au boycott de militants palestiniens qui accusent son réalisateur franco-libanais de « normalisation » avec Israël.

« L’insulte », qui traite de la guerre civile libanaise, devait être projeté lundi dans un cinéma municipal dans le cadre d’un festival de cinéma.

Des militants avaient prévu de tenir une manifestation avant la projection, qu’ils avaient appelé à boycotter après une campagne sur les réseaux sociaux.

Le directeur général de la municipalité de Ramallah, Ahmed Abou Laban, a indiqué à l’AFP que la projection avait été annulée « à cause de notre responsabilité à maintenir la paix », citant des « préoccupations pour la sécurité ».

Selon lui, cette décision ne signifie pas que la municipalité a cédé aux pressions des militants favorables au boycott de « L’insulte ».

Ces derniers accusent notamment son réalisateur, Ziad Doueiri, de « défendre une normalisation » avec Israël depuis qu’il a en partie tourné son précédent film, « L’attentat », sorti en 2012, dans l’Etat juif.

A cause du fait qu’il avait tourné en Israël, Doueiri avait été entendu en septembre par un tribunal militaire au Liban, où il venait assister à la première de « L’insulte ».

Les autorités lui reprochaient un déplacement en Israël contrevenant à la législation du pays, toujours techniquement en état de guerre avec son voisin israélien.

Le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), qui appelle à mettre la pression sur l’Etat juif, avait également demandé le boycott de la projection de « L’insulte » à Ramallah.

Prix du meilleur film à la Mostra de Venise, ce long-métrage est en lice pour une nomination dans la catégorie Oscar du meilleur film en langue étrangère en vue de la prochaine cérémonie de ces prix prestigieux à Los Angeles.