Chef du gouvernement d’union palestinien, Rami Hamdallah, qui se succède à lui-même, est un Premier ministre intérimaire de consensus, respecté de ses compatriotes mais relativement peu connu à l’étranger.

Nommé pour un intérim en juin 2013, M. Hamdallah met son poste en jeu en démissionnant avant de revenir sur sa décision, asseyant ainsi son autorité de Premier ministre.

A l’époque, le quotidien panarabe Al-Quds al-Arabi décrivait « un homme solide et intègre, aux positions de principe patriotiques » précipité dans « la jungle de la Mouqataa (siège de la présidence, NDLR)… au milieu des lions et des hyènes ».

Aujourd’hui, ce mandarin universitaire a su s’imposer sur la volatile scène politique palestinienne. Pourtant, lorsqu’il a pris son poste sans enthousiasme il y a un an, la presse israélienne comparait son sort à « une mission suicide ».

Proche du mouvement nationaliste Fatah du président Mahmoud Abbas, on le dit modéré et pragmatique, comme son prédécesseur Salam Fayyad. Mais contrairement à ce dernier, il ne bénéficie pas d’une aura internationale.

Né en 1958 au sein d’une famille établie à Anabta, près de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, ce quinquagénaire discret a fait sa réputation comme président de la plus grande université palestinienne, Al-Najah.

De l’avis général, Rami Hamdallah a dirigé pendant 15 ans avec savoir-faire cet établissement quasi centenaire sis au cœur de Naplouse, qui compte près de 20.000 étudiants, où il a fait l’essentiel de sa carrière.

Et ce malgré une tragédie personnelle. Il a perdu trois de ses enfants — un garçon et deux filles — dans un accident de la route avec un camion israélien en 2000. Son épouse, qui conduisait, fut grièvement blessée.

Respecté des Palestiniens

Portant fines lunettes et moustache, affable, il est docteur en linguistique appliquée de l’Université britannique de Lancaster et entretient de nombreux contacts professionnels avec des Israéliens.

Accepté par le Fatah comme par son rival du Hamas, M. Hamdallah jouit d’un grand respect dans l’opinion et les cercles officiels palestiniens.

Il a été en relation étroite avec Yasser Arafat — il est d’ailleurs membre du directoire de la Fondation dédiée à la mémoire du défunt président palestinien — et son successeur Mahmoud Abbas.

Dès le lendemain de la réconciliation entre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le Hamas islamiste, le 23 avril, il a remis élégamment sa démission pour laisser la place au nouveau gouvernement d’union nationale non partisan.

Un gouvernement de transition chargé d’organiser des élections sous les six mois, à la tête duquel il a été naturellement désigné jeudi par le président palestinien.

Rami Hamdallah est en effet déjà secrétaire général de la Commission électorale centrale (CEC), chargée de superviser les élections présidentielle et législatives prévues par un précédent accord de réconciliation nationale en 2011.

Enfin, cet universitaire ne méconnaît pas les dossiers économiques, un avantage au moment où l’Autorité palestinienne continue de traverser une grave crise financière, puisqu’il a présidé le directoire de la Bourse palestinienne, basée à Naplouse, à partir de 2008.

Un atout de taille alors qu’Israël menace l’Autorité palestinienne de mesures de rétorsion économiques après son entente avec le Hamas.