La Russie accueillera des pourparlers de réconciliation entre le Fatah et le Hamas le 15 janvier à Paris, en vue de tenter de recoller les morceaux entre les factions palestiniennes rivales, en opposition depuis près de 10 ans, selon l’agence de presse russe semi-officielle TASS.

Le timing de cette rencontre est interpellant, dans la mesure où elle aura lieu le même jour que la conférence de paix pour le Moyen-Orient prévue à Paris, le 15 janvier.

Les désaccords entre le Fatah et le Hamas sont apparus quand le Hamas a obtenu la majorité, à la surprise générale, aux élections législatives palestiniennes de 2006. Les deux parties se sont querellées car elles se sont montrées incapables d’arriver à un accord de partage du pouvoir, notamment à cause du refus du Hamas de renoncer à la violence contre Israël. Le Fatah était alors en pleins pourparlers de paix avec Israël.

Les relations se sont corsées encore plus quand le Hamas a violemment pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007, des mains de l’Autorité palestinienne.

Il y eu de nombreuses tentatives pour négocier une trêve entre les deux parties depuis leur séparation, avec par exemple, l’annonce d’un gouvernement unifié en 2014. Mais le projet d’établissement d’un tel gouvernement n’a jamais vu le jour et les deux parties sont restées dans leurs fiefs respectifs.

La Russie avait déjà exprimé son souhait de voir une réconciliation intra-palestinienne.

En juin 2016 à Paris, alors qu’il évoquait la façon de ressusciter le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, l’adjoint au ministre des Affaires étrangères russe, Mikhail Bogdanov a décrit « le schisme entre Palestiniens » comme un « autre facteur qui entrave le processus de paix », selon TASS.

« Cette question doit être résolue en priorité, afin que les Palestiniens puissent présenter une délégation unique et unie lors des négociations finales [pour la paix] », avait-il dit.

Bogdanov avait également déclaré que la Russie ne considérait pas le Hamas comme une organisation terroriste, à l’inverse des Américains et des Israéliens. 

L’impact que pourraient avoir ces pourparlers sur le sommet de Paris n’a pas encore été défini.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il était ouvert à la reprise des négociations de paix, mais a refusé de négocier avec les Palestiniens si le Hamas faisait partie des pourparlers.

Israël accuse le pacte d’unité entre le Fatah et le Hamas en 2014, d’avoir conduit à l’échec des dernières négociations. Il avait affirmé à l’époque qu’il ne négocierait pas avec un groupe terroriste qui œuvre ouvertement à la destruction de l’état juif.

Les Palestiniens perçoivent la Conférence de Paix française comme une opportunité destinée à poser un cadre aux futures négociations avec Israël. Ils se basent aussi sur la résolution 2334 récemment adoptée par le Conseil de Sécurité de l’ONU et sur le discours du secrétaire d’État de John Kerry qui a condamné les implantations israéliennes comme un obstacle à la paix.

Israël a refusé de se rendre à la conférence du 15 janvier, le gouvernement ayant insisté sur le fait que seules des négociations bilatérales conduiront à un accord de paix. Les Palestiniens soutiennent l’initiative française.