Le mouvement terroriste palestinien du Hamas a prévenu mardi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qu’il mettait en danger un accord de réconciliation entre factions palestiniennes en tardant à lever des sanctions prises pour forcer la main du Hamas.

« Le maintien des mesures punitives prises à l’encontre de notre peuple à Gaza un mois après la dissolution du comité administratif altère le climat général de réconciliation », a dit un porte-parole du Hamas, Abdellatif al-Qanoue, dans un communiqué cité par les médias du mouvement.

Le Hamas qui gouverne sans partage la bande de Gaza depuis 2007 a annoncé en septembre dissoudre son comité administratif, sorte de gouvernement fantôme, satisfaisant ainsi une exigence capitale d’Abbas et dégageant la voie à la réconciliation palestinienne.

Depuis, le Hamas et son grand rival du Fatah ont signé jeudi un accord prévoyant le transfert des pouvoirs à Gaza du Hamas à l’Autorité palestinienne présidée par M. Abbas d’ici au 1er décembre.

L’Autorité, entité internationalement reconnue censée préfigurer un Etat indépendant et dominée par le Fatah, a été évincée de Gaza en 2007 par le Hamas, considéré comme infréquentable par une partie de la communauté internationale.

Cette même communauté internationale voit dans le retour annoncé de l’Autorité à Gaza un facteur potentiellement important pour recréer une perspective de règlement du conflit israélo-palestinien.

Après une décennie de dissensions délétères, M. Abbas a imposé en 2017 une série de mesures destinées à faire fléchir le Hamas. Ces dispositions, comme la réduction par l’Autorité du paiement des factures d’électricité de Gaza, ont rendu encore plus difficiles les conditions de vie dans l’enclave.

La levée des sanctions est l’une des attentes primordiales suscitées chez les Gazaouis par l’annonce d’un accord de réconciliation.

L’accord signé jeudi au Caire ne fait pas de mention spécifique des sanctions. Abbas a indiqué qu’elles seraient levées quand le gouvernement émanant de l’Autorité assumerait toutes ses responsabilités à Gaza.