Miri Regev, la ministre de la Culture et des Sports, a demandé dimanche au procureur général d’enquêter sur Mohammad Bakri, producteur de cinéma arabe israélien, qui aurait déclaré, lors d’une visite au Liban, que c’était une trahison pour un état arabe d’avoir des relations avec Israël.

Regev a écrit au procureur général Avichai Mandelblit pour lui demander d’enquêter sur Bakri pour « avoir visité un état ennemi et incité [à la haine] contre l’Etat [d’Israël]. »

Bakri, acteur et réalisateur, est au Liban dans le cadre du Festival de cinéma annuel des « Journées palestiniennes ».

« Bakri, connu pour ses positions conflictuelles envers Israël, a osé qualifier les états arabes qui ont des relations avec Israël de ‘traîtres’ ; il affirme qu’Israël n’est rien de plus que l’ennemi sioniste et que tout contact avec lui est considéré comme une trahison », a écrit Regev.

En réponse, Bakri a dit à la Deuxième chaîne qu’il n’était pas le moins du monde inquiété par Regev.

Mohammad Bakri, réalisateur arabe israélien. (Crédit : capture d'écran YouTube/Stay Human The Reading Movie)

Mohammad Bakri, réalisateur arabe israélien. (Crédit : capture d’écran YouTube/Stay Human The Reading Movie)

« Je ne crois pas un seul mot qui sort de sa bouche et je ne la prends pas au sérieux, a-t-il dit. C’est très simple. Je ne crains que Dieu, pas les Israéliens, pas le gouvernement israélien, et certainement pas Regev. »

Samedi, un journal libanais proche du Hezbollah, groupe terroriste chiite, a publié en Une une photographie de Bakri, et l’a cité dénonçant les relations entre Israël et le monde arabe.

Le quotidien Al Akhbar avait annoncé la veille que Bakri avait organisé une conférence de presse à Beyrouth pendant laquelle il avait affirmé que la normalisation des relations avec « l’ennemi sioniste » était de la trahison, et que toute discussion sur le sujet était « honteuse et inacceptable. » Bakri aurait ajouté que sa visite au Liban, considéré comme un état ennemi par Israël, était une victoire sur les lois racistes.

Samedi, Bakri a dit au site d’information Walla qu’il avait été cité hors contexte, et qu’il parlait du point de vue des réfugiés palestiniens dans les états arabes, et non de ce qu’il pense en tant que citoyen israélien.

« J’ai dit des choses plus profondes et beaucoup plus importantes, et j’ai répondu honnêtement à toutes les questions sur différents sujets, en particulier sur tout ce qui est relatif à mon travail au théâtre et au cinéma, et pas sur la politique, qui n’est pas exactement mon domaine », a dit Bakri.

« A la fin de la conférence de presse, on m’a demandé mon avis sur la normalisation des producteurs arabes du monde arabe avec Israël, et j’ai répondu qu’il était interdit aux producteurs arabes en dehors d’Israël de coopérer avec Israël, tant qu’il occupe un autre peuple et prive les Palestiniens de leurs droits », a-t-il ajouté.

« Il était évident que je ne m’incluais pas dedans parce que je vis en Israël, et non en dehors du pays. Si je vivais dans un camp de réfugiés au Liban, évidemment que je ne coopérerais pas avec l’état [israélien] à cause duquel je serai sans domicile fixe et privé de mes droits fondamentaux », a-t-il précisé.