Un groupe des droits de l’Homme israélien qui avait déposé une plainte contre Facebook au nom des familles des victimes assassinées par des terroristes palestiniens a indiqué jeudi qu’il se porterait en appel après le rejet du dossier par un tribunal de New York.

Nitsana Darshan-Leitner a expliqué que le tribunal avait abandonné la plainte en raison de l’immunité du géant des réseaux sociaux, selon les termes de la loi américaine intitulée ‘communications decency act’. Elle a noté que son groupe Shurat Hadin fera appel de la décision. Le groupe affirme que le réseau social offre une plate-forme aux terroristes qui l’utilisent pour propager les incitations à la violence.

« Nous estimons ici que c’est une erreur fatale de leur jugement parce que le tribunal a complètement ignoré la question de l’aide apportée au terrorisme et de l’incitation », a-t-elle ajouté.

« Il ne s’est pas intéressé au fait que Facebook offre du soutien et des services à une organisation terroriste telle que le Hamas, ce qui est une violation de la loi anti-terroriste – et Facebook ne peut pas bénéficier d’une immunité là-dedans », a-t-elle poursuivi.

Nitsana Darshan-Leitner, présidente de Shurat HaDin - Israel Law Center (Crédit : Shurat HaDin)

Nitsana Darshan-Leitner, présidente de Shurat HaDin – Israel Law Center (Crédit : Shurat HaDin)

Parmi les plaignants, la famille de Taylor Force, qui était un étudiant en MBA de 28 ans séjournant en Israël lorsqu’il a été mortellement poignardé par les Palestiniens.

Et aussi la famille de Richard Lakin, militant des droits de l’Homme dans les années 1960 aux Etats-Unis qui avait défilé aux côtés de Martin Luther King, ancien Voyageur de la liberté, oeuvrant en faveur de la déségrégation dans le sud, et qui était éducateur en Israël pour la paix et la coexistence. Lakin a été tué par des Palestiniens qui avaient attaqué le bus dans lequel il se trouvait à Jérusalem en 2015.

Richard Lakin (à gauche) lit un livre à sa petite-fille, avec son fils Micah Avni, en janvier 2014. (Crédit : autorisation)

Richard Lakin (à gauche) lit un livre à sa petite-fille, avec son fils Micah Avni, en janvier 2014. (Crédit : autorisation)

Et des amis aussi de Naftali Fraenkel, un adolescent israélien qui avait été kidnappé et tué par des opérateurs du Hamas alors qu’il était en train de faire de l’auto-stop en Cisjordanie il y a trois ans.

Shurat Hadin a expliqué que Facebook contrevient à la loi anti-terroriste américaine en autorisant certains groupes comme le Hamas à disséminer leurs messages sur le réseau social.

Taylor Force, 29 ans, étudiant en thèse à l’université Vanderbilt, a été tué le 8 mars 2016 dans une attaque terroriste à Jaffa. (Crédit : Facebook)

Taylor Force, 29 ans, étudiant en thèse à l’université Vanderbilt, a été tué le 8 mars 2016 dans une attaque terroriste à Jaffa. (Crédit : Facebook)

Cette plainte judiciaire survient alors qu’Israël tente de trouver des moyens de contenir les incitations palestiniennes sur les réseaux sociaux, dans un contexte d’attentats commis par des Palestiniens contre les civils et les forces de sécurité au sein de l’état juif.

Depuis septembre 2015, des agresseurs palestiniens ont tué 42 Israéliens, deux Américains qui se trouvaient dans le pays et un étudiant britannique, en particulier au cours d’attentats à l’arme blanche, à l’arme à feu ou à la voiture bélier. Au cours de la même période, 245 Palestiniens environ ont été tués sous le feu israélien. Israël les avait majoritairement identifiés comme des agresseurs.

« Facebook ne peut pas rester dans sa tour d’ivoire, se cachant derrière l’immunité à Palo Alto tandis que le sang continue à couler dans les rues de Jérusalem et de Tel Aviv. Facebook en tant que réseau social a une responsabilité sociale », a expliqué Darshan-Leitner, ajoutant avoir confiance dans le fait que son groupe amènera Facebook à modifier sa politique.

Israël reproche les incitations à la violence faites par les chefs politiques et religieux palestiniens, aggravées sur les réseaux sociaux, et qui glorifient les effusions de sang en encourageant les attentats.

Les Palestiniens affirment pour leur part qu’elles émanent de décennies de gouvernance israélienne sur les territoires qu’ils réclament pour leur futur état.