Le Hamas et le Fatah sont parvenus à un accord de principe, dans le cadre duquel de nouvelles élections et un mécanisme de contrôle de la frontière entre Gaza et l’Egypte seront organisés, après deux jours de pourparlers pour négocier une réconciliation entre les deux factions rivales.

Une source palestinienne a déclaré qu’elle était «  peu optimiste » après les réunions à Doha, au Qatar, a déclaré l’agence de presse AFP mardi.

Les parties se sont engagées à former un gouvernement d’unité nationale, à jeter les bases pour les élections présidentielles et législatives, qui sont depuis longtemps attendues, et à renouveler leur engagement aux accords antérieurs qui ont été signés mais jamais mis en œuvre, selon l’agence de presse palestinienne Maan.

Les deux parties ont également convenu que la Garde présidentielle du Fatah prendrait en charge le passage de Rafah à Gaza et les membres du Hamas continueront à y travailler aussi.

Le projet doit maintenant être présenté à la direction des deux factions palestiniennes rivales pour qu’il soit approuvé.

Depuis la quasi-guerre civile qui les a opposé en 2007 et la prise du pouvoir par la force du Hamas à Gaza, les deux principaux partis palestiniens sont à couteaux tirés. Une réconciliation signée mi-2014 fut rapidement enterrée.

Au fil des années, de nombreuses réunions ont eu lieu et trois accords de réconciliation ont été signés – au Qatar, au Caire et à Gaza – mais aucun accord n’a donné lieu à aucun changement réel sur le terrain.

Le coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix, Nikolay Mladenov, a déclaré qu’il saluait les nouveaux pas vers la réconciliation et a exhorté les parties à aller plus loin.

« Je demande instamment à toutes les parties de donner suite à ces discussions en bonne foi et mettre en œuvre les accords précédents, en particulier ceux négociés par l’Egypte. La formation d’un gouvernement d’unité nationale qui respecte le programme de l’OLP et l’organisation des élections longtemps attendues sont des éléments importants de ce processus », a-t-il dit dans un communiqué mardi.

L’agence officielle Wafa a annoncé que les deux chefs des délégations, Azzam al-Ahmed, en charge de la réconciliation au sein du Fatah, et Khaled Meshaal, le chef du Hamas en exil au Qatar, se sont réunis durant deux jours à Doha, capitale du petit émirat gazier, grand allié régional des Frères musulmans dont est issu le Hamas.

« Sous le patronage du Qatar, ils ont étudié les mécanismes à mettre en place pour rendre la réconciliation effective selon un calendrier en cours d’élaboration », affirme l’agence.

Une fois ces mécanismes déterminés et le calendrier établi, ils devront être adoptés au sein des deux partis et endossé par les autres formations et personnalités palestiniennes pour être mis en pratique, ajoute le texte.

Sous le couvert de l’anonymat, un haut responsable palestinien s’est dit « peu optimiste au vu de ce qui est annoncé », affirmant attendre le retour de la délégation du Fatah à Ramallah, le siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, pour « plus d’informations ».

Hamas et Fatah, qui avaient accepté en 2014 de fonder ensemble un gouvernement de personnalités indépendantes, se renvoient désormais les accusations quant à la persistance de la division.

Juste avant la réunion, le responsable du Fatah, Ali Barakeh, a déclaré au quotidien basé à Londres, A-Sharq Al-Awsat, que les discussions devaient avoir lieu sur la base de l’accord du Caire signé par 14 factions palestiniennes en 2011, et l’objectif était de créer un « gouvernement de consensus » pour mener des travaux dans les institutions étatiques.

Le Hamas accuse le Fatah de refuser de payer les fonctionnaires qu’il a embauchés depuis sa prise de pouvoir (environ 50.000 personnes, incluant des combattants de la branche armée du mouvement terroriste). Le Fatah accuse le Hamas de conserver un gouvernement concurrent.

Avant la rencontre de Doha, le Hamas a réclamé des élections, dix ans exactement après le dernier scrutin dans les Territoires palestiniens, remportés par les islamistes ensuite privés de leur victoire. Le Parlement palestinien ne siège plus depuis 2007 et le mandat de M. Abbas, qui a expiré en 2009, court toujours faute d’élection.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a critiqué les efforts de réconciliation dans le passé, en affirmant que le président de l’AP Mahmoud Abbas, qui est affilié au Fatah, avait à choisir entre faire la paix avec Israël ou avec le Hamas.

Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne considèrent le Hamas comme un groupe terroriste. Le Qatar est le dernier médiateur. Il a rempli le vide laissé par l’Egypte, qui est en désaccord avec le Hamas, qui refuse d’accueillir les rencontres entre les deux factions rivales.

Lee Gancman a contribué à cet article.