L’itinéraire du voyage du pape François au Moyen Orient en mai a été planifié dans les moindres détails, chaque endroit où il passera durant ses trois jours de visite étant déterminé depuis longtemps. Mais aucune fumée blanche n’a encore émergé quant aux choix culinaires du Saint-Père lors de son passage à Jérusalem.

Les organisateurs affirment que le voyage du pape en Israël, en Cisjordanie et en Jordanie sera chargé en symbolisme et comprendra des rencontres avec des dirigeants politiques, des messes, des visites de sites historiques et même des bains de foule.

Mais le menu de son déjeuner à Jérusalem, qui aura lieu au restaurant Grill & Pizzotto de l’Institut pontifical Notre Dame, reste toujours un mystère.

Le Vatican a fait une demande de repas très générale, a expliqué à lors d’une conférence le père Juan María Solana (LC), chargé du Saint-Siège au centre Notre-Dame, rappelant les instructions de Rome. La préférence du pape pour des plats sobres – de la soupe, du riz et de l’eau plutôt que du vin ou des spiritueux – a été mentionnée.

« Et bien sûr, comme il est argentin, attendez-vous à de la bonne, de la très bonne viande », a ajouté Solana. « Nous tenons à servir le Saint-Père de notre mieux, car il est notre chef et notre supérieur, et nous l’aimons énormément parce qu’il est le pape et parce qu’il est François. »

Le pape François Ier salue la foule sur la place Saint Pierre au Vatican, le 5 mars 2014 (Crédit : Andrea Solaro/AFP Photo)

Le pape François Ier salue la foule sur la place Saint Pierre au Vatican, le 5 mars 2014 (Crédit : Andrea Solaro/AFP Photo)

Du 24 au 26 mai, François se rendra à Amman, Bethléem et Jérusalem. Il dirigera plusieurs messes et visitera Béthanie au-delà du Jourdain (le site du baptême de Jésus), la Grotte de la Nativité, le mur Occidental, le mont Herzl, le musée Yad Vashem et le mont des Oliviers.

Pendant ces trois jours, François rencontrera la reine Rania et le roi Abdallah II de Jordanie, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le président Shimon Peres, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Grand Mufti de Jérusalem Muhammad Ahmad Hussein, le grand rabbin séfarade Itzhak Yossef, le grand rabbin ashkénaze David Lau et – pour ce qui constituera la partie la plus importante de la visite d’un point de vue symbolique, précise M. Solana – le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier.

La première visite de François en Israël tombe un demi-siècle après la rencontre entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras Ier à l’église du Saint-Sépulcre, un événement qui avait aidé à résorber le schisme pluriséculaire entre les catholiques et les orthodoxes.

« Cette visite est extrêmement symbolique », a déclaré Solana.

« [La rencontre de 1964] est intervenue après quasiment 1 000 ans de divisions, de haine et de conflits. Il est très important qu’ils se soient retrouvés et se soient serrés la main. Cinquante ans plus tard, cette réunion est un signe important pour tous les chrétiens que nous devons continuer à promouvoir l’unité, la compréhension, la charité, l’amour et la nécessité de nous rassembler. »

Un Israélien ordinaire ou un touriste chrétien ne doivent pas s’attendre à croiser le pape François, a averti Solana, mais malgré l’effervescence autour de sa venue, le pape ne se contentera pas de rester avec la haute société : il a également prévu plusieurs rencontres plus ordinaires.

« Il a demandé à déjeuner avec des familles de Bethléem », a indiqué Solana. « Il veut avoir affaire aux populations locales, aux gens simples, aux pauvres. »

Et grâce aux messes que le pape dirigera – certaines seront diffusées sur écran géant à l’extérieur des églises – les organisateurs de la visite s’attendent à voir déferler de très nombreux touristes.

Le tourisme israélien est en hausse avec plus de 3,5 millions de visiteurs en 2013, 2 millions d’entre eux étant chrétiens.

En prévision des possibles conséquences économiques de la visite papale, le ministère du Tourisme a reçu près 10 millions de shekels (environ 2,1 millions d’euros) pour développer des projets de marketing et des infrastructures en lien avec le voyage.

Le ministère du Tourisme a reçu près 10 millions de shekels pour développer des projets de marketing et des infrastructures en lien avec le voyage

Parmi les projets marketing, figurent un site Internet consacré à la visite et une campagne de promotion sur les réseaux sociaux en Israël et dans d’autres pays.

Le ministère prévoit également des améliorations des infrastructures de sites chrétiens où se rendra le pape, notamment le Cénacle – considéré comme le lieu de la Cène – et le site du baptême sur le Jourdain, ainsi que des améliorations plus légères du point de passage Rachel vers la Cisjordanie et du pont Allenby vers la Jordanie.

La visite du pape n’est pas seulement remarquable pour les chrétiens d’Israël, a ajouté M. Solana, rappelant l’amitié de longue date qui lie François à Abraham Skorka, un rabbin argentin.

Avant que Jorge Bergoglio ne devienne pape, Skorka et lui ont collaboré de nombreuses fois et même co-écrit un livre, Sur la terre comme au ciel.

« Je crois qu’il y a de grandes attentes autour de ce voyage, parce que [François] a toujours été un proche ami du peuple juif », a déclaré Solana.

« Je pense donc que cela pourrait être une occasion extraordinaire de promouvoir l’amitié entre le monde chrétien et le monde juif, et je pense que le monde ne peut qu’en profiter. »