L’agent de sécurité, Ziv (son patronyme n’a pas été autorisé à la publication), s’est rendu, avec l’ambassadrice israélienne en Jordanie Einat Schlein, au bureau du Premier ministre. L’ensemble du personnel de l’ambassade est rentré en Israël dans la nuit de lundi à mardi, après une impasse diplomatique qui menaçait d’aggraver des relations bilatérales déjà tendues.

« Un poids est tombé de mes épaules. Merci du fond du cœur. Je suis heureux d’être ici », a déclaré Ziv. « Einat et moi-même ressentions que la nation nous soutenait et faisait tous les efforts possibles. Nous l’avons senti et je suis heureux d’être là. »

Schlein a déclaré qu’il « fait bon de rentrer à la maison. Tout va bien. »

Dimanche soir, alors que les tensions israélo-jordaniennes battaient des records, un agent de sécurité israélien qui travaillait pour l’ambassade israélienne à Amman a été attaqué par un Jordanien de 19 ans. Cherchant à se défendre, l’Israélien a tiré sur l’assaillant et a blessé un second citoyen jordanien, qui a succombé à ses blessures.

Israël a souligné que Ziv ne risquait aucune arrestation ni interrogatoire, en vertu de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Mais les autorités jordaniennes avaient d’abord refusé de laisser l’Israélien quitter le pays, suscitant ainsi une crise de grande ampleur entre Amman et Jérusalem.

Afin de résoudre cette crise, Netanyahu s’est entretenu lund avec le roi Abdallah II et a dépêché Nadav Argaman, directeur du Shin Bet à Amman. Au même moment, l’envoyé spécial du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt est arrivé dans la région pour tenter de négocier un arrangement. Il a rencontré Netanyahu puis a pris la direction de la Jordanie.

« Amman a autorisé le diplomate israélien à quitter le pays après l’avoir entendu sur l’incident qui a eu lieu à l’ambassade d’Israël à Amman dimanche, et après être parvenu à ‘une entente’ avec son gouvernement à propos d’Al-Aqsa », avait indiqué une source à l’AFP.

L’affaire (de l’incident à l’ambassade) « est à présent dans les mains de la justice », a-t-elle ajouté sous le couvert de l’anonymat. La Sûreté générale jordanienne avait annoncé tard lundi soir avoir « conclu son enquête sur l’affaire de l’ambassade israélienne » et déféré l’affaire au Parquet. Les autorités jordaniennes avaient demandé à Israël de pouvoir interroger un diplomate de leur ambassade à Amman, après l’incident dans cette représentation diplomatique.

Lundi soir, le personnel de l’ambassade israélienne à Amman est arrivé en Israël. Quelques minutes plus tard, le cabinet de sécurité a voté en faveur du retrait des détecteurs de métaux sur le mont du Temple, un geste que la Jordanie exigeait depuis leur installation sur le lieu saint, après l’attentat terroriste du 14 juillet, où deux policiers israéliens ont été tués par trois terroristes qui avaient fait entrer clandestinement des armes sur place.

« Je suis content de vous voir, je suis heureux que les choses se terminent comme elles se terminent », a déclaré Netanyahu à l’intention de Schlein et de Ziv. « Vous avez agi avec calme et nous nous étions engagé à vous rapatrier, cela n’a jamais été une question. Ce n’était qu’une question de temps et je suis heureux que cela se soit fait rapidement. »

Il a ajouté que « vous représentez l’État d’Israël, et l’État d’Israël ne l’oublie jamais ».

Le président Reuven Rivlin s’est également exprimé sur le retour du personnel de l’ambassade d’Israël en Jordanie.

« Après quelques jours longs et tendus, je tiens à souhaiter un bon retour au personnel de notre ambassade en Jordanie. Nous vous avons attendu avec inquiétude et avons suivi de près votre impressionnante conduite tout au long de la crise, sous la direction de l’ambassadrice Einat Schlein. »

« La coopération de longue date entre l’État d’Israël et le royaume hachémite et le roi Abdallah, qui a, cette fois encore, su aider avec sagesse, a joué un rôle conséquent dans les efforts mis en oeuvre pour mettre un terme à cette crise, et nous en sommes reconnaissants. »

« Puissent les dirigeants et le gouvernement israélien, avec l’aide des services de sécurité et de notre envoyé spécial en Jordanie, le directeur de l’agence israélienne de sécurité Nadav Argaman, être renforcés par e gestion de la crise. Béni soit le peuple qui a de tels émissaires, qui forment un bouclier pour tous les citoyens israéliens, à la maison et à l’étranger. »

L’AFP a contribué à cet article.