La Cour suprême israélienne a décidé jeudi de reporter de 45 jours la date butoir qu’elle avait fixée au 25 décembre pour l’évacuation d’Amona en Cisjordanie, a annoncé un communiqué.

La tension n’avait cessé de monter ces dernières semaines à l’approche du 25 décembre lorsque la quarantaine de familles installées sur des terres palestiniennes privées à Amona près de Ramallah devaient être évacuées aux termes d’un précédent jugement de la Cour suprême.

A la suite d’intenses tractations, le gouvernement de Benjamin Netanyahu qui redoutait des affrontements a présenté dimanche une proposition de relogement qui a été acceptée lors d’un vote par les habitants. Mais l’ordre d’évacuation était toujours en vigueur.

La Cour suprême saisie par le gouvernement a finalement reporté une nouvelle fois l’échéance de l’évacuation, qui aura lieu au plus tard le 8 février, selon un communiqué de la plus haute instance judiciaire israélienne.

« C’est le dernier et ultime report, même dans le cas où aucune solution alternative ne serait trouvée », ont prévenu les juges en soulignant que le gouvernement s’était engagé à ne plus présenter de demande de délai.

La Cour suprême a également obtenu des familles l’engagement formel qu’elles ne s’opposeraient pas par la force à une évacuation si elles étaient contraintes d’être relogées ailleurs.

Amona a servi de prétexte à HaBayit HaYehudi dirigé par le ministre de l’Education Naftali Bennett pour faire progresser un projet de loi qui reviendrait à légaliser 4 000 logements construits sur des terres privées palestiniennes et disséminés dans 55 implantations en Cisjordanie.

Le Parlement a adopté le texte en première lecture le 7 décembre. Il est toutefois douteux qu’il entre en vigueur un jour. De nombreux pays ont exprimé leur inquiétude devant le précédent qu’il créerait.