Des cadres de l’administration Trump et des responsables israéliens ont relancé le débat autour de la possibilité de déplacer l’ambassade américaine actuellement située à Tel Aviv vers Jérusalem, une promesse faite à de multiples reprises par le président américain Donald Trump lors de sa campagne présidentielle en 2016, au cours de rencontres qui se sont déroulées en Israël la semaine dernière, a appris le Times of Israel.

Jared Kushner, conseiller de la Maison Blanche, Jason Greenblatt, envoyé pour la paix et Dina Powell, conseillère à la sécurité nationale en charge de la stratégie, ont rencontré jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans le cadre d’une visite dans la région dans le but de relancer les efforts de paix israélo-palestiniens.

Au cours de cette réunion, le déplacement de l’ambassade « a été abordé par les deux parties dans le contexte d’une conversation large et productive portant sur un certain nombre de questions », a indiqué une source américaine dimanche, refusant par ailleurs de donner plus de précision sur les entretiens.

Trump avait pris ses distances vis-à-vis de cet engagement lorsqu’il avait signé au mois de juin une dispense reportant le déplacement de l’ambassade à au moins six mois.

Le président américain Donald Trump devant le mur Occidental, le lieu de prière le plus saint du judaïsme, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool/AFP)

Le président américain Donald Trump devant le mur Occidental, le lieu de prière le plus saint du judaïsme, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool/AFP)

« Pas besoin de le dire, la politique de l’administration est ‘Quand cela se fera-t-il ?’ et non ‘Est-ce que cela se fera ? », a ajouté la source, se référant à des déclarations des responsables américains lors de la signature de la dispense, promettant que l’initiative se concrétiserait sous la présidence Trump.

Dimanche matin, la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely avait confié au Times of Israel que la question, à sa grande déception, n’avait pas été abordée la semaine dernière pendant les discussions. « On nous a dit que le transfert [de l’ambassade] avancerait mais qu’il n’est pas à l’ordre du jour et il n’y a eu aucun progrès. J’espère que ce sera bientôt le cas », a-t-elle dit.

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely donne une conférence de presse dans une usine située dans la zone industrielle de Barkan, près d'Ariel en Cisjordanie, le 3 novembre 2015. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

La vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely donne une conférence de presse dans une usine située dans la zone industrielle de Barkan, près d’Ariel en Cisjordanie, le 3 novembre 2015. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

Une source proche du Premier ministre a toutefois balayé les propos de Hotovely, affirmant qu’elle n’avait pas connaissance des discussions. « Elle n’a participé à aucune des rencontres et pour dire gentiment les choses, elle a tort », a déclaré la source.

Ces sources ont confirmé que le sujet avait été débattu mais, comme du côté américain, elles se sont refusées à commenter les détails des conversations.

Netanyahu a expliqué après les discussions que ces dernières avaient été « utiles et importantes », et qu’il s’attendait « à ce que les discussions continuent lors des prochaines semaines ». Un communiqué de son bureau a ajouté que le Premier ministre avait exprimé son « appréciation au président [Donald] Trump et à son administration pour son fort soutien apporté à Israël. »

Kushner a expliqué à Netanyahu que Trump était déterminé à aider à négocier un accord de paix et a remercié le Premier ministre d’œuvrer aux côtés de la Maison Blanche dans cet objectif.

« Le président est très déterminé à trouver une solution ici qui pourra amener la prospérité et la paix à toutes les populations de la région, a-t-il indiqué. Nous apprécions vraiment la détermination du Premier ministre et de son équipe qui se sont engagés très intelligemment et avec déférence [dans ce processus] comme le président lui avait demandé de le faire. »

De gauche à droite, l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis Ron Dermer, l'envoyé au Moyen Orient du président américain Donald Trump Jason Greenblatt, le conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la conseillère américaine à la sécurité nationale Dina Powell et l'ambassadeur américain en Israël David Friedman, à Tel Aviv, le 24 août 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

De gauche à droite, l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis Ron Dermer, l’envoyé au Moyen Orient du président américain Donald Trump Jason Greenblatt, le conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, la conseillère américaine à la sécurité nationale Dina Powell et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, à Tel Aviv, le 24 août 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Lorsque Trump avait signé la dispense de déplacement, les responsables de la Maison Blanche avaient estimé que relocaliser l’ambassade à ce stade pouvait mettre en péril les efforts destinés à rassembler les deux parties.

Israël a conquis Jérusalem Est et la Cisjordanie au cours de la guerre des Six Jours de 1967, et a plus tard annexé cette partie de la ville, une initiative jamais reconnue par la communauté internationale. Israël a déclaré la ville sa capitale indivisible, mais les Palestiniens revendiquent Jérusalem Est comme capitale de leur futur état.

La relocalisation de l’ambassade américaine à Jérusalem pourrait être considérée comme une approbation de la revendication israélienne sur la ville et un rejet des demandes des Palestiniens. Les pays entretenant des liens avec Israël installent habituellement leurs ambassades à Tel Aviv, certains ont aussi des consulats à Jérusalem.

Les Etats-Unis indiquent que leur politique sur Jérusalem n’a pas changé et que le statut de la ville doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens.