Le dialogue entre le Vatican et la plus haute autorité de l’islam sunnite est en phase de reprise, a indiqué un représentant de la mosquée Al-Azhar, Mahmoud Azab, venu au Vatican pour participer à une initiative interconfessionnelle.

M. Azab, qui s’exprimait en français, s’est dit « ravi de se retrouver au Vatican » pour participer au lancement d’un réseau international de lutte contre toutes les formes d’esclavage moderne et de traite des personnes.

« On est là, nous sommes très contents. De toute façon le dialogue n’a jamais été coupé, il était juste suspendu », a expliqué le conseiller, en rappelant que le monde musulman avait envoyé un message de félicitations « dès la nomination du pape actuel (le 13 mars 2013, ndlr) avec l’espoir de retrouver des terrains fertiles de coopération ».

« Dès qu’on a vu que c’était le moment convenable et qu’il était possible de se rencontrer pour examiner des problèmes concrets, nous sommes venus », a ajouté M. Azab, conseiller du grand imam d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, pour le dialogue.

Un réchauffement des relations entre le Vatican et le monde musulman est perceptible depuis l’élection du pape François.

Début 2011, l’université avait rompu toute relation en réaction à des propos de Benoît XVI qui exprimait sa solidarité aux victimes chrétiennes d’un attentat à Alexandrie.

L’idée n’est « pas de dialoguer avec le Vatican seulement pour parler. Il faut un agenda précis », a ajouté le dignitaire, interrogé ensuite par plusieurs journalistes français.

Selon lui, le Vatican et Al-Azhar doivent par exemple « définir ensemble ce qu’est l’extrémisme pour lutter contre lui ».

Il a souligné que la région du Moyen Orient traversait « une phase très délicate ». « L’Europe accepte que des groupes violents nous gouvernent au nom de la démocratie », a-t-il déploré.

« La démocratie en Irak, est-ce la démocratie alors qu’il n’y a plus que misère et violence dans ce pays ? En Syrie, les grandes puissances occidentales n’ont pas non plus un rôle innocent », a-t-il souligné, en appelant l’Occident à « faire beaucoup plus pour stopper le commerce des armes ».

M. Azab a souligné que la mosquée d’Al-Azhar préparait « un rapport détaillé » sur ces questions et pour se prononcer « contre toute forme d’esclavage et toute entrave à la liberté et à la dignité humaine ».