Reprise du secteur public après la grève de ‘solidarité’ avec les employés de Teva
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Reprise du secteur public après la grève de ‘solidarité’ avec les employés de Teva

En revanche, des employés du géant pharmaceutique commençaient à se barricader à l'intérieur de l'usine de Jérusalem

Les employés de l'entreprise Teva protestent contre le licenciement prévu de centaines d'employés à Petah Tikva le 17 décembre 2017 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Les employés de l'entreprise Teva protestent contre le licenciement prévu de centaines d'employés à Petah Tikva le 17 décembre 2017 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les employés de Teva à Jérusalem se sont barricadés à l’intérieur de l’usine de Har Hotzvim pour protester contre les licenciements planifiés du géant pharmaceutique.

« Nous sommes en train de nous barricader et nous installerons une tente de protestation devant l’usine », a déclaré le syndicat du géant pharmaceutique.

« Nous n’abandonnerons pas notre usine. Nous irons dormir avec nos enfants dans l’usine, » ont déclaré des manifestants dimanche alors que de larges pans de l’économie israélienne reprenaient lentement leurs activités normales après la fermeture pendant quatre heures du secteur public à travers tout le pays dans le cadre d’une « grève de solidarité » organisée contre le licenciement prévu par le géant pharmaceutique Teva d’environ 1 750 employés israéliens.

Dimanche matin, les manifestants se sont retrouvés devant les bureaux de la compagnie à Jérusalem, dans les villes côtières de Netanya et d’Ashdod, dans la ville de Petah Tikva, dans le centre d’Israël, à l’occasion de divers rassemblements qui ont coïncidé avec une grève de solidarité entamée ce matin et qui a touché les aéroports, les banques et les bureaux gouvernementaux israéliens.

Ce mouvement de solidarité de quatre heures – la plus importante action syndicale à frapper le pays depuis plusieurs années – a touché presque toutes les parties du secteur public de 8 heures à midi.

Les banques, la bourse de Tel Aviv, les bureaux de poste, les bureaux gouvernementaux, la Knesset, les ports, les aéroports, les compagnies d’assurance,les tribunaux, les entreprises téléphoniques, la compagnie électrique israélienne, les services de santé, les universités, les municipalités locales et les conseils régionaux ont tous été fermés dimanche matin, ainsi que les usines de Teva dans tout le pays.

Tandis que la majorité des secteurs sont retournés travailler à midi, les ports devraient rester fermés jusqu’à 14 heures.

A l’aéroport Ben Gurion, le trafic devait reprendre normalement en début d’après-midi, a-t-on indiqué de sources aéroportuaires.

Les employés de Teva manifestent contre le plan de licenciement de centaines d’employés par la compagnie à l’entrée de Jérusalem, le 17 décembre 2017 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le plan de restructuration de l’entreprise annoncé la semaine dernière par le groupe israélien Teva prévoit la suppression de 14 000 emplois dans le monde au cours des deux prochaines années, soit 25 % de ses effectifs. Teva fait travailler en tout plus de 55 000 personnes.

A Jérusalem, les manifestants ont bloqué la circulation après avoir quitté les deux usines de la compagnie – qui sont menacées de clôture – dans la zone industrielle de Har Hotzvim en direction du bureau du Premier ministre. La police a annoncé que les participants ont fait brûler des pneus, des incendies qui ont été rapidement éteints.

Ce sont ainsi plusieurs centaines d’employés qui se sont rassemblés devant les bureaux du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ils ont ensuite défilé en scandant notamment « c’est la guerre, la guerre, la guerre » pour exprimer leur colère, bloquant un moment la principale route d’accès de Jérusalem avant de rejoindre leur usine qu’ils ont occupée, selon un journaliste de l’AFP.

Les employés de Teva brûlent des pneus dans une manifestation contre le licenciement de centaines d’employés par la compagnie aux abords du bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 17 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les manifestants à Petah Tikva ont également bloqué la circulation de la rue Jabotinsky, l’une des artères principales.

A Ashdod, les employés ont brûlé des pneus aux abords des bureaux de Teva.

Alors que la majorité des écoles sont en vacances pour Hanoukka, plusieurs musées qui sont habituellement populaires durant cette fête ont également été fermés, notamment le musée d’Israël de Jérusalem ainsi que les musées Eretz Israël et du peuple juif à Tel Aviv.

A l’aéroport international Ben Gurion, le principal du pays, de nombreux vols qui étaient prévus dans la matinée ont été avancés avant le début de la grève si bien que seuls sept vols ont été annulés.

Les employés de l’entreprise Teva protestent contre le plan de licenciement de l’entreprise de centaines d’employés, aux abords du bâtiment de TEVA Pharmaceutical Industries à Ashdod, le 17 décembre 2017 (Crédit : Flash90)

Les transports publics n’ont pas été touchés pour leur part. Le chef du syndicat de la Histadrout, Avi Nissenkorn, a dit qu’il s’agissait de ne pas empêcher les soldats de l’armée israélienne de retourner à leurs bases militaires après le week-end.

S’exprimant lors du début de la réunion hebdomadaire de cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il rencontrerait le ministre des Finances Moshe Kahlon, le ministre de l’Economie Eli Cohen et le directeur-général de Teva, Kare Schultz, pour discuter des licenciements prévus.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem le 17 décembre 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« J’ai parlé avec le directeur général [de Teva Kare Schultz] la semaine dernière et je lui ai dit que notre principal objectif est avant tout de minimiser les dégâts des licenciements auprès des travailleurs », a dit Netanyahu. « La deuxième chose, c’est, bien sûr, de faire tout ce qui est possible pour empêcher la fermeture des usines à Jérusalem ».

Il a également indiqué qu’il était de la plus haute importance que Teva reste en Israël.

« [Teva] compte des milliers d’employés. L’entreprise a été établie comme compagnie israélienne et nous voulons qu’elle reste une compagnie israélienne », a-t-il dit. « Nous utiliserons les moyens différents qui sont à notre disposition pour tenter d’atteindre ces buts ».

Netanyahu et Kahlon ont tous deux annoncé avoir l’intention de rencontrer Schultz lorsqu’il viendra en Israël.

Cette grève de solidarité avait été demandée par le puissant syndicat Histadrut la semaine dernière suite à l’annonce faite par Teva Pharmaceutical Industries que la compagnie réduirait sa main-d’oeuvre en Israël d’environ un quart dans le cadre d’un vaste plan de restructuration pour sauver le géant pharmaceutique en difficulté.

Nissenkorn avait indiqué samedi soir que la grève avait pour objectif d’envoyer un « message clair » que le syndicat n’acceptera pas ces licenciements.

« Nous combattons pour les employés de Teva, pour sauver l’industrie en Israël et soutenir le bleu et blanc », a dit Nissenkorn. « La main d’oeuvre syndiquée s’est organisée et envoie un message clair ».

Un bâtiment de l’entreprise Teva Pharmaceutical Industries à Kiryat Shmona, au nord d’Israël, le 14 décembre 2017 (Crédit :Basel Awidat/Flash90)

Le fleuron de l’industrie israélienne, qui se débat depuis des mois avec les retombées de décisions managériales passées et des circonstances défavorables, a présenté un plan de restructuration douloureux devant lui permettre de faire trois milliards de dollars d’économies d’ici à fin 2019.

Le plan de la direction prévoit des licenciements en Israël qui s’étendront sur deux ans: 1 250 en 2018, 500 en 2019).

Israël ne représente qu’un peu moins de 7.000 salariés sur les 57.000 dans le monde, en Europe et aux Etats-Unis.

Teva s’est également lourdement endetté après l’acquisition pour 40 milliards de dollars de la filiale générique de son adversaire Allerga, l’année dernière.

Cette acquisition a été accompagnée par de bas prix pour les génériques, en particulier aux Etats-Unis, un marché majeur.

Teva s’attend à économiser 3 milliards de dollars à la fin de l’année 2019 grâce à son plan de restructuration de deux ans.

Selon la Histadrout, Teva a reçu 6,2 milliards de dollars en réductions fiscales depuis 2006.

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