MONTREAL, Canada — C’est une « partialité anti-restitution » qui est accusée dans la décision soudaine prise par le maire de Dusseldorf, en Allemagne, d’annuler une exposition qui était programmée au sujet du célèbre marchand d’art de Montréal, Max Stern, connu dans le monde entier.

Alors qu’elle devait ouvrir ses portes au mois de février après plus de trois ans de préparation par le Stadtmuseum de Dusseldorf, l’exposition – intitulée « Max Stern : De Dusseldorf à Montréal » – devait également faire un arrêt en Israël avant de terminer à Montréal.

Les responsables de la ville allemande ont cité mardi les « demandes actuelles d’information et de restitution en Allemagne » pour justifier l’annulation soudaine de l’exposition.

« Il y a des personnalités très influentes en Allemagne qui ne désirent pas voir les oeuvres d’art rendues aux Juifs », a commenté le professeur de l’université de Concordia Frank Chalk, des propos repris par la Gazette de Montréal.

« Il y a un élément d’antisémitisme en cela. Mais nous n’aurions jamais pu soupçonner que le maire [de Dusseldorf] puisse se montrer vulnérable face à ce type de pressions », a-t-il ajouté.

Natif de Dusseldorf, Stern avait repris la galerie d’art de feu son père en 1934 au sein de cette municipalité allemande jusqu’à ce que les nazis interdisent aux Juifs de vendre des oeuvres d’art. Durant cette période, les nazis avaient pillé des centaines d’oeuvres d’arts précieuses de sa galerie.

Stern avait rapidement quitté l’Allemagne et s’était installé à Montréal, où il avait ouvert la célèbre Galerie Dominion.

Suite à son décès en 1987, Concordia était devenu la base du Projet de restitution d’oeuvres d’art Max Stern. Cette initiative utilise des fonds laissés par les biens immobiliers de Stern aux universités Concordia et McGill, à Montréal, et à l’université hébraïque de Jérusalem pour rechercher les oeuvres de sa galerie qui avaient été volées par les nazis.

Jusqu’à présent, 16 oeuvres ont été retrouvées et sont revenues entre les mains de leurs propriétaires légitimes. Il en manque encore des centaines.

« Nous avons du mal à comprendre la justification de cette décision », a indiqué Clarence Epstein, à la tête du projet de restitution, au Canadian Jewish News. « Cela n’a aucun sens ».

Au lieu d’une exposition, Dusseldorf prévoit d’organiser un sommet sur Stern.