Restons sur le qui-vive, met en garde le chef du renseignement militaire israélien
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Restons sur le qui-vive, met en garde le chef du renseignement militaire israélien

Le Major-Général Herzl Halevi a déclaré que les luttes de pouvoir au sein de l’AP concernant la succession d’Abbas entraîneront une ‘réalité complexe’ en 2017

Le chef des services de renseignement militaire, le Maj. Gén. Herzl Halevi lors d'une allocution au ministère des Finances de Jérusalem, le 2 novembre 2015 (Crédit :  Flash90)
Le chef des services de renseignement militaire, le Maj. Gén. Herzl Halevi lors d'une allocution au ministère des Finances de Jérusalem, le 2 novembre 2015 (Crédit : Flash90)

Israël devrait se préparer à une vague de terrorisme dans un contexte d’instabilité croissante en Cisjordanie causé par une lutte de pouvoir intestine au sein de l’Autorité palestinienne portant sur la succession de Mahmoud Abbas, a averti dimanche la Direction des services de renseignement militaire de Tsahal.

Prenant la parole lors d’une conférence à huis-clos organisée à l’Université de Tel Aviv, le Major-Général Herzl Halevi a expliqué que l’année à suivre “sera une année d’instabilité au sein de l’Autorité palestinienne”, ajoutant qu’il y aura un certain nombre “d’éléments qui viendront défier le leadership d’Abbas [tandis] que le Hamas” tentera d’en tirer profit”, selon un article paru dans Haaretz.

“Le résultat en sera une réalité très complexe en Judée et en Samarie [la Cisjordanie], a-t-il estimé.

Halevi a indiqué que la baisse du nombre d’attentats terroristes commis ces derniers mois était due à plusieurs facteurs, dont le coût élevé de telles agressions pour les Palestiniens et le fait qu’Israël a décidé de combattre les attaquants tout en évitant des sanctions collectives appliquées aux populations.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (C) se trouve aux côtés du président du Conseil européen Donald Tusk (L) et le président roumain Klaus Iohannis au cimetière du mont Herzl à Jérusalem lors des funérailles de l'ancien président israélien Shimon Peres le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP / Abir Sultan)
Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (C) se trouve aux côtés du président du Conseil européen Donald Tusk (L) et le président roumain Klaus Iohannis au cimetière du mont Herzl à Jérusalem lors des funérailles de l’ancien président israélien Shimon Peres le 30 septembre 2016. (Crédit : AFP / Abir Sultan)

Halevi se référait à une vague d’attaques au couteau, d’attaques à l’arme à feu et à la voiture-bélier qui avait commencé l’automne dernier et causé la mort de 36 israéliens, de deux Américains et d’un ressortissant érythréen.

Selon les chiffres de l’AFP, environ 238 Palestiniens, un Jordanien et un migrant soudanais ont également été tués, la majorité d’entre eux alors qu’ils menaient des attentats, a expliqué Israël, et une proportion non négligeable dans des affrontements avec l’armée en Cisjordanie et sur la frontière avec Gaza, ainsi que dans des frappes aériennes israéliennes sur le territoire de la Bande.

Au cours de toute la semaine dernière, Israël a également subi une vague d’incendies, certains d’origine criminelle, selon les responsables en charge de la sécurité. Les feux ont commencé mardi dernier, obligeant des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs habitations et endommageant ou détruisant des milliers de résidences, d’entreprises et de véhicules.

Certains membres de l’’establishment’ politique et sécuritaire ont mis en garde contre un nouveau type de terrorisme, “l’intifada des incendies criminels”, tandis que d’autres ont expliqué que les définir en tant que tels était exagéré.

Plus de 30 personnes, à majorité palestinienne et avec une petite minorité d’Arabes israéliens, ont été inculpés en lien avec les allumages des incendies présumés. 24 d’entre elles étaient encore incarcérées dans la journée de dimanche.

Dans son allocution, Halevi a expliqué qu’Israël “trouverait une manière de gérer les feux, mais il y aura alors d’autres inventions. Elles viendront par vague et nous y préparer est une nécessité.”

Evoquant les développements dans le reste du Moyen-Orient, Halevi a affirmé qu’il y avait de nombreuses raisons de se montrer optimistes concernant les relations entretenues par Israël et les pays de la région, notamment avec l’Arabie Saoudite et les EAU. Il a indiqué qu’Israël et “les pays sunnites partagent des intérêts communs. Ce que nous ferons de [ces liens] est une autre question mais c’est la plus grande opportunité offerte à Israël ces prochaines années ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne diffusé le 21 novembre 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan pendant un entretien accordé à la Deuxième chaîne diffusé le 21 novembre 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Halevi a toutefois averti de l’existence d’un “processus d’extrémisme religieux” en Turquie sous la gouvernance du président Recep Tayyip Erdogan, a fait savoir Haaretz.

Malgré l’accord de réconciliation signé avec Israël au début de l’année et le rapprochement entre les deux pays après six ans de relations teintées d’animosité, Halevi a déclaré qu’Israël doit montrer de la prudence et « se battre pour aller lentement de l’avant ».

Halevi a anticipé la victoire à la présidence en Iran de Hassan Rouhani lors du scrutin prévu au mois de mai 2017.

Sur la guerre civile qui fait rage en Syrie, Halevi a indiqué qu’aucune résolution du conflit ne se dessine encore et que, tandis qu’il est encore possible de trouver un accord sous une forme ou une autre, les chances de pouvoir le faire appliquer sont “très faibles”.

Halevi a également expliqué que alors que le groupe terroriste de l’Etat islamique semble s’affaiblir et que son soi-disant califat est en train de disparaître. Cela signifie également que l’Iran et son mandataire libanais, le groupe terroriste du Hezbollah, sont en train d’en tirer profit et que cela pourrait ne pas être une bonne nouvelle pour Israël.

Reconnaissant que l’Etat islamique est en train de souffrir en raison du taux élevé de victimes parmi ses membres combattant dans la guerre et face aux difficultés financières qu’il doit affronter, Halevi a déclaré qu’il “construit ses forces” et gagne de la vigueur dans certains domaines.

« Israël doit rester sur le qui-vive », a-t-il estimé.

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