La coopération policière entre Paris et Ankara permet désormais que des djihadistes rentrant de Syrie via la Turquie soient interceptés à leur retour en France, a indiqué mercredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

« Désormais, il y a chaque semaine plusieurs retours de ressortissants français en provenance de Turquie vers la France qui se passent dans des conditions parfaites, au terme desquels leur audition par les services de renseignements est possible », a déclaré le ministre.

IL a précisé que lors de son dernier voyage en Turquie en septembre, il avait établi avec les autorités turques « des règles et un protocole ».

« Nous communiquons désormais aux autorités turques l’identité de tous ceux dont nous savons qu’ils sont partis en Syrie et peuvent transiter vers la Turquie, de manière à faciliter leur refoulement avant qu’ils ne rejoignent le théâtre des opérations terroristes ou au moment de leur retour », a ajouté le ministre.

Il a en outre exprimé le souhait que les autorités turques informent la France « de l’identité des Français qui ont traversé la frontière entre la Turquie et la Syrie, qui sont placés en centre de détention par les autorités turques avant d’être renvoyés en France ».

Les autorités françaises redoublent d’efforts pour tenter d’enrayer les départs vers la Syrie de candidats au djihad, depuis les attentats de Paris contre le journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et un supermarché casher, qui ont fait 17 morts le mois dernier.

Selon le ministre, « près de deux mille » Français « sont concernés par un engagement terroriste par-delà nos frontières », notamment en Syrie et en Irak : « près de 700 sont allés sur le théâtre des opérations ou en reviennent, plus de 250 ont manifesté la volonté de s’y rendre et à peu près autant sont quelque part entre la France et la Syrie ».

Cazeneuve avait indiqué le 22 janvier que 73 Français avaient été tués en combattant en Syrie et en Irak, sur quelque 1.400 Français concernés par les départs pour le djihad.