La guerre civile au Liban, qui a éclaté le 13 avril 1975, a embrasé le pays et fait en quinze ans plus de 150 000 morts, 17 000 disparus et des centaines de milliers d’exilés ou de déplacés.

Les tensions montaient déjà depuis plusieurs années entre d’une part les partis chrétiens et, de l’autre, les Palestiniens et les formations musulmanes et de gauche libanaises qui constitueront la coalition islamo-progressiste.

Le 13 avril 1975, un autobus transportant des Palestiniens est mitraillé par des membres des phalanges libanaises, après qu’un milicien chrétien eut été tué et un autre blessé devant une église d’Aïn el-Remaneh, dans la banlieue est de Beyrouth. Les 27 passagers du bus sont tués. Du 13 au 16 avril, les affrontements font 300 morts.

Après plus d’un an de combats ponctués de massacres de part et d’autre (Damour, La Quarantaine, Tall el-Zaatar…), l’intervention syrienne en juin 1976 aux côtés des chrétiens empêche la victoire des forces islamo-progressistes, soutenues par les Palestiniens.

En mars 1977, le leader druze Kamal Joumblatt, qui s’était opposé à l’entrée des troupes syriennes, est assassiné.

En 1978, les quartiers chrétiens de Beyrouth sont bombardés par les forces syriennes. Après un changement d’alliance, Damas s’est rapproché des forces palestino-progressistes face aux milices chrétiennes, qui resserrent les liens avec Israël. La ville chrétienne de Zahlé (centre) connaîtra le même sort en 1981.

Entre-temps, en mars 1978, l’armée israélienne a envahi le Liban du sud jusqu’au fleuve Litani afin de créer une « zone de sécurité ». Après le déploiement d’une force de l’ONU (Finul), Israël se retire en juin, laissant à sa place une milice qui lui est acquise, l’Armée du Liban-sud (ALS), du commandant Saad Haddad.

En 1982, l’opération « Paix en Galilée » marque un nouveau tournant dans le conflit. Les troupes israéliennes envahissent le Liban le 6 juin et assiègent Beyrouth. Entre le 21 août et le 3 septembre, le chef de l’OLP, Yasser Arafat, et 11 000 combattants palestiniens évacuent la capitale, en même temps que les troupes syriennes qui se replient dans la Békaa.

Le 15 septembre, au lendemain de l’assassinat du président élu Béchir Gemayel, les forces israéliennes entrent dans Beyrouth-ouest. Du 16 au 18, au moins un millier de civils palestiniens sont massacrés par des miliciens chrétiens dans les camps de Sabra et Chatila (banlieue de Beyrouth).

Le 17 mai 1983, le Liban et Israël signent un accord de paix qui restera lettre morte.

Les puissances occidentales tentent vainement de mettre un terme au conflit en envoyant une force multinationale qui, sous les coups de boutoir du Jihad islamique, quittera le Liban début 1984 après avoir perdu plus de 300 hommes, dont la majorité dans deux attentats suicide contre les QG américain et français le 23 octobre 1983.

Après les assassinats politiques et les voitures piégées, le Liban va connaître à partir de mars 1984 une série d’enlèvements d’Occidentaux.

Entre-temps, en septembre 1983, les chrétiens ont été contraints après de violents combats d’abandonner la région du Chouf aux combattants druzes de Walid Joumblatt.

Fin 1983, des affrontements opposent dans le nord loyalistes et dissidents palestiniens, soutenus par la Syrie.

En 1985, les miliciens chiites d’Amal (pro-syriens) lancent leur premier assaut contre les camps palestiniens au sud de Beyrouth. En 1987, l’armée syrienne fait son retour à Beyrouth-ouest.

Le 22 octobre 1989, des accords interlibanais sont signés dans la ville saoudienne de Taëf pour mettre fin à la guerre. Mais leur rejet par le général Michel Aoun, à la tête d’un gouvernement de militaires chrétiens, va provoquer de violents affrontements interchrétiens.

Le 13 octobre 1990, la guerre prend officiellement fin avec la chute du général Aoun, qui fuit le palais présidentiel après une offensive syro-libanaise.