La réunion à Londres de négationnistes et sympathisants nazis est soumise à une enquête policière, a rapporté le Daily Mail samedi.

Le rassemblement, qui s’est tenu samedi dernier à la suite Orient de l’hôtel 4 étoiles londonien Grosvenor, aurait attiré un large éventail d’intervenants du Royaume-Uni, d’Espagne, du Canada et des États-Unis.

« Le matériel de ce groupe élitiste blanc est triste à lire, » a déclaré Jonathan Arkush, vice-président du Conseil des députés des Juifs britanniques, selon le Mail. « Leurs travaux devraient être examinés pour déterminer si des infractions pénales ont été commises, y compris l’incitation à la haine raciale. »

Le journal a envoyé une équipe clandestine à l’événement, qui comptait 113 participants en tout. L’article du Maildétaille des déclarations antisémites incendiaires et des expressions ouvertes de soutien au nazisme et au racisme.

« Tant que la puissance du lobby juif restera enracinée, la distorsion juive systématique de l’histoire n’aura pas de fin, » a déclaré Mark Weber, chef de l’organisation négationniste Historical Review, basée en Californie, lors de la rencontre.

« Aucune tâche n’est plus importante ou urgente qu’identifier, contrer et briser ce pouvoir », a ajouté Weber.

Parmi les incidents dont ont témoigné les journalistes du Mail, les participants au rassemblement « ont ricané à l’évocation de ‘cendres sortant des fours crématoires des camps de concentration’ ; applaudi lorsqu’ils ont été exhortés à ‘identifier, contrer et briser… la domination juivo-sioniste’ ; ri au massacre de Charlie Hebdo, et lorsqu’un leader africain à la cérémonie commémorative de Paris a été décrit comme ‘un certain nègre’ ; applaudi à l’évovation d’une brigade de fascistes espagnols qui se sont battus pour les nazis ; entendu que les parents homosexuels formaient des ‘familles monstrueuses’ et des enfants métis se faire traiter de ‘blackos’ ».

Le principal intervenant était le sympathisant nazi espagnol Pedro Varela, 57 ans. D’anciens hauts-membres du parti d’extrême-droite British National Party et du Front national étaient également présents.

Selon l’article du Mail, les participants n’ont pas révélé l’emplacement exact de la réunion pour des raisons de sécurité.

Ils se sont retrouvés à la gare centrale de Victoria et ont été escortés « un par un ou deux par deux » à l’hôtel Grosvenor par « l’ancien professeur de l’école d’art privée Michael Woodbridge, 69 ans, qui portait visiblement un livre du leader de l’Union britannique des fascistes, Oswald Mosley » et abordait un insigne avec le logo de l’Union.

Autre signe des précautions sécuritaires : la suite Orient où le rassemblement a eu lieu était réservée sous le pseudonyme « Carlyle Club », selon l’article.

L’hôtel Grosvenor a déclaré au journal : « La réservation de la chambre a été faite en ligne et le personnel de l’hôtel ignorait la nature de la réunion. »

Le sentiment de siège était palpable, indique l’article. Comme Varela l’a affirmé à la réunion : « Nous devons mesurer nos paroles … J’ai demandé [à un autre participant], ‘puis-je dire tout ce que je pense dans ce forum ?’ et il m’a dit, ‘tant que vous le faites de manière académicale [sic], de manière sérieuse, c’est possible’. »

Et pourtant, le discours de Varela « se référait aux enfants métis comme à des ‘blackos’ et décrivait les parents homosexuels comme ‘formant une famille monstrueuse’ », dit l’article.

Concernant les Juifs, a expliqué Varela, « on dit que les Juifs ont l’or du monde et le pouvoir de la presse et qu’ils gouverneront le monde… Alors, ne devons-nous pas être réalistes, ressembler à l’officier de l’état-major d’une armée… Quelles sont les fautes de l’ennemi ? Nous devrions aussi être astucieux et intelligents, comme le sont les enfants des ténèbres… Parfois, nous ne sommes pas intelligents. »

Contacté à son domicile par le Mail, Woodbridge a affirmé : « Les gens de la réunion prétendent clairement que l’Holocauste est une exagération, pour employer un euphémisme. Il est utilisé comme une arme de propagande pour justifier la guerre contre l’Allemagne. »

Dans son propre discours, intitulé « Le défi de pouvoir juivo-sioniste », Weber explique que « la connexion juive couvre tous les domaines et atteint tous les niveaux. La plupart des Américains ne sentent peut-être pas cette action gigantesque, mais presque aucun Juif n’échappe à ses tentacules…. Aujourd’hui, nous sommes engagés dans une grande lutte mondiale qui oppose d’un côté un pouvoir sûr de lui et diabolique qui a pour mission d’écraser les autres, et de l’autre toutes les autres nations, en fait l’humanité elle-même. »

La réunion s’est tenue tandis que la Grande-Bretagne se prépare à marquer son propre Jour du souvenir de l’Holocauste dimanche, à l’occasion de l’anniversaire de la libération du camp de concentration de Bergen Belsen par les troupes britanniques en 1945.

« Le Mail a transmis dimanche ses preuves à la police métropolitaine, » précise l’article.