L’armée a annoncé jeudi un projet destiné à augmenter les salaires et les avantages sociaux des soldats combattants, qui prendra effet avant la fin de l’année. Les combattants verront leur salaire de dernière année de service passer de 33 à 40 % du salaire minimum.

L’armée a qualifié ce projet de « révolutionnaire ».

Cette légère augmentation, accompagnée d’autres mesures, s’inscrivent dans une série de mesures prises par l’armée pour améliorer les conditions des combattants, car la motivation à servir dans ces unités a baissé ces dernières années.

« Le statut des soldats combattants dans l’armée israélienne est un problème que nous gérons depuis des années », a déclaré le chef d’état-major Gadi EiZenkot dans un communiqué. « Ce processus est à la base du fer de lance de l’armée israélienne, la chose la plus importante, c’est la force combattante qui endosse des missions et qui met sa vie en danger. »

L’armée a également annoncé qu’elle changera les conditions du service pour les soldats des unités d’élite, en augmentant la durée du service à huit ans, mais en y incluant un diplôme universitaire dans la filière de leur choix.

Benjamin Netanyahu as a soldier in Sayeret Matkal (Photo credit: Wikicommons/ GPO)

Benjamin Netanyahu, alors soldat de la Sayeret Matkal (Crédit : Wikicommons/GPO)

Les soldats des unités de reconnaissance Sayeret Matkal, Shaldag et Shayetet 13, ainsi que l’unité de l’armée de l’air 669, s’engagent actuellement pour un service de quatre à cinq ans, soit plusieurs années de plus que les deux ans et huit mois de base, parce que ces fonctions exigent une formation plus approfondie. En augmentant la durée de leur service à huit ans, l’armée pourrait économiser en ressources humaines, puisqu’il faudra moins de nouvelles recrues pour remplir les rangs.

La révolution salariale

Actuellement, les soldats combattants perçoivent 1 600 shekels par mois, alors que les soldats de « soutien au combat » touchent 1 176 shekels par mois et ceux qui occupent des postes administratifs gagnent 810 shekels par mois. Le salaire minimum en Israël est de 5 000 shekel par mois.

Le projet vise à augmenter la rémunération des soldats, mais seulement durant la troisième et dernière année de leur service, pour la faire passer à 2 000 shekels, dès le mois de novembre.

De plus, à partir de janvier 2018, les soldats combattants recevront un avoir de 1 000 shekels deux fois durant leur service, qu’ils pourront utiliser dans des restaurants, des cinémas ou autres lieux de divertissement, ou dans des magasins de sport.

Gadi Eizenkot, chef d'état-major de l'armée israélienne, pendant la conférence de Herzliya, le 20 juin 2017. (Crédit : Hagai Fried/conférence de Herzliya)

Gadi Eizenkot, chef d’état-major de l’armée israélienne, pendant la conférence de Herzliya, le 20 juin 2017. (Crédit : Hagai Fried/conférence de Herzliya)

À partir de janvier, l’armée réduira le délai d’obtention du document permettant de les identifier comme soldat combattant de 20 à 18 mois. Ce document, appelé en hébreu téoudat lohem, leur permet de voyager gratuitement dans les transports en commun quand ils sont en civil (à l’inverse des autres soldats, qui doivent porter leur uniforme pour bénéficier de certaines réductions) et les rend éligibles à certaines bourses au sortir de l’armée.

L’armée a également annoncé que les insignes de leur unité combattante seront plus grands, pour symboliser leur importance.

Dans le cadre du déploiement de ces avantages, la direction des ressources humaines de l’armée a également dévoilé un nouveau système hiérarchique au sein de l’armée. Au lieu de l’actuel système à trois niveaux, l’administration, le soutien au combat et les combattants, l’armée va reconnaître cinq catégories distinctes : l’administration, le soutien au combat, le soutien opérationnel au combat, les combattants, et au sommet, le « fer de lance », hod en hébreu.

Les unités de soutien au combat et de soutien opérationnel au combat se distingueront par la façon dont ils servent dans l’armée. Les soldats de soutien opérationnel de combat seront potentiellement au contact de l’ennemi, et mettront leurs vies en danger, selon la nouvelle définition de l’armée.

Les combattants et les « fer de lance » se différencieront également par leur niveau d’exposition au danger.

L’armée doit encore annoncer comment chaque unité sera rebaptisée, mais un soldat d’infanterie, comme les Golani ou Nahal, ou la brigade blindée, telle que la 188e Brigade, seront probablement considérées comme des soldats « fer de lance », parce qu’en temps de guerre, ils combattent derrières les lignes ennemies. Les soldats des bataillons mixtes et du Commandement de la Défense passive seront probablement inclus dans les troupes combattantes classiques, parce qu’ils ne passent généralement pas les frontières d’Israël.