Peut-être que vous avez vue la vidéo représentant les ex-partenaires de la coalition de Benjamin Netanyahu comme des enfants de maternelle.

Chaque enfant représente un chef de parti qui faisait partie de la coalition sortante de Netanyahu : Naftali Bennett de HaBayit HaYehudi, Yaïr Lapid de Yesh Atid, Tzipi Livni de Hatnua et Avigdor Liberman de Yisrael Beitenu.

Chacun reprend à son tour la personne raillée. L’enfant représentant Lapid, portant un des tee-shirts noirs distinctifs de Lapid, tape sur la kippa de « Naftali, » lequel répond « A’h, a’h, a’h, » qui peut signifier « aïe, aïe, aïe ! »

Mais le mot « a’h » signifie aussi en hébreu « frère », le terme préféré de Naftali Bennett pour ses compatriotes juifs et régulièrement appliqué dans les premiers mois du gouvernement sortant à son plus proche allié politique, Lapid.

Dans la vidéo, il est dépeint avec un tic conversationnel, et Netanyahu doit calmer Naftali avec les mots, « Oui, oui, c’est un frère, il est un frère ».

Liberman, qui a brisé l’été dernier sa liste commune avec le Likud de Netanyahu, est représenté comme monopolisant les jouets, et Netanyahu, le seul adulte dans la classe, de le gronder : « Yvet, tu dois apprendre à partager avec les autres enfants ».

L’ex-ministre des Finances, Lapid, quant à lui, tient un boulier qui représente l’économie. Il le secoue violemment, entraînant une réprimande de la part de Netanyahu : « Yair, arrête de jouer avec ça ! Tu le casses ! »

Livni a droit à une critique particulière. Elle fait des allers-retours dans la classe. « Tzipi, Tzipi, arrête de passer sans cesse d’un endroit a l’autre ! » dit Netanyahu – une référence au parcours politique multipartite de Livni au cours des dernières années, de ministre dans le cabinet Likud à la direction de Kadima, puis la création de Hatnua pour finir avec une liste commune avec le parti travailliste.

Le Likud est peut être dans le pétrin avec ce clip. En utilisant des enfants dans une campagne publicitaire, il peut avoir enfreint les lois électorales plutôt draconiennes d’Israël. Ce sera au président de la commission centrale électorale Salim Joubran de statuer.

Mais la vidéo a peut-être créé un autre souci pour le Likud : la rupture de l’accord du Likud avec HaBayit HaYehudi qui engageait les partis à ne pas se critiquer pendant la campagne.

Dans les heures où la vidéo du Likud a « fuité » – après la critique sur l’utilisation des enfants dans la publicité de la campagne, le parti a affirmé que la vidéo n’a pas été diffusée intentionnellement par l’état-major de la campagne – HaBayit HaYehudi a publié sa propre vidéo bien polie.

Il s’agit d’une vidéo qui n’épargne pas le Likud – et qui devait certainement être prête avant que le Likud ne rompe la trêve.

Comme l’a tweeté le commentateur de la chaîne de la Knesset, Avraham Yaron, « Bennett savait que le Premier ministre Netanyahu briserait en premier la trêve ».

La pub de Bennett rappelle la plus célèbre émission de radio dans l’histoire d’Israël, la retransmission en direct du vote de l’ONU sur la création d’Israël en 1947.

Mais dans cette vidéo, intitulée «La Déclaration d’Indépendance, Edition 2015″, les pays votants sont remplacés par des partis politiques – et le vote porte non pas sur l’Etat juif, mais sur l’Etat palestinien.

Le présentateur, qui tente d’imiter médiocrement une voix de radio des années 1940 (qui devient un mélange d’accent hébreu actuel avec une teinte de quelque chose qui pourrait être polonais (genre Shimon Peres) -,
lit : « Meretz, oui. Yesh Atid, oui. parti travailliste, oui. Shas, oui. Yisrael Beitenu, oui. Likud, oui. HaBayit HaYehudi, non non non !  »

La lecture est entrecoupée d’images clignotantes de dirigeants du Hamas et de combattants armés du groupe terroriste.

A la fin, il est dit : « Les seuls qui s’opposent à un Etat palestinien », puis on entend le slogan de campagne du parti « On ne s’excuse plus. HaBayit HaYehudi »

Pendant ce temps, Bennett a lancé une critique acerbe contre la gestion par Netanyahu de la guerre à Gaza de l’été dernier.

La trêve est-elle finie ? Y a-t-il un combat à l’horizon ? Comme dans toute relation de longue durée entre deux parties proches l’une de l’autre, c’est compliqué. Par exemple, il y a de plus en plus de rumeurs qui affirment que des militants liés au Likud sont à pied d’œuvre pour négocier un accord avec HaBayit HaYehudi pour présenter une liste commune – une grande liste de droite qui permettrait d’assurer la victoire le 17 mars contre l’alliance de gauche de plus en plus populaire entre le parti travailliste et celui d’Hatnua menée par Isaac Herzog.

C’est, en un mot, la rivalité fraternelle Likud-HaBayit HaYehudi. Ils sont incapables de résister à la tentation de faire campagne l’un contre l’autre et en même temps sont désireux de s’unir sur une liste commune pour la Knesset. Les deux à la fois.