Lors d’un discours mardi, devant une délégation de solidarité de la Conférence des présidents des grandes organisations juives à la Knesset, le président élu Reuven Rivlin a décrit la ligne de conduite que sa présidence allait adopter vis-à-vis d’Israël et de la diaspora.

Expliquant que la présidence est un rôle symbolique plus que politique, Rivlin a déclaré qu’il voyait sa fonction comme étant une position qui
« crée le dialogue » et qui « comble les fossés ».

Actuellement, explique Rivlin, les différents partis dans le pays expriment leurs opinions et présentent des idées, mais ne sont pas prêts à s’écouter les uns les autres. Rivlin affirme qu’il compte « combler les fossés entre les citoyens d’Israël – les Juifs et les Arabes, les pauvres et les riches ».

« L’Etat juif démocratique est quelque chose de compliquée à
expliquer », souligne Rivlin. « Les Israéliens arabes doivent prendre en considération que nous [les Juifs] sommes revenus à la maison, mais quelqu’un [qui n’est pas juif] qui est né sur cette terre doit aussi considérer que cette terre est sa maison… Je ne peux pas comprendre ceux qui parlent de bannir les citoyens arabes d’Israël ».

Le président, explique Rivlin, doit pousser au dialogue qui mène à des solutions à « des problèmes qui après 65 ans doivent être résolus ».

Pour l’un de ces problèmes de longue date, Rivlin propose la mise en place d’une constitution qui énumérerait les droits des citoyens pour mettre fin « à la guerre entre l’église et l’Etat ».

« Cette culture de la guerre est très dangereuse pour notre vie commune. Vous représentez ici tous mouvements [religieux juifs]… Nous sommes un seul peuple, nous sommes une seule famille, pas une tribu. On peut vous forcer à entrer dans une tribu ; dans une famille, vous passez au-dessus de vos différents », affirme Rivlin.

Rivlin a loué la présence de la mission de solidarité en Israël pendant l’opération Bordure protectrice et a lancé une invitation, en tant que président, à tous les membres en affirmant : « Nous nous rencontrerons de nombreuses fois… Nous [les israéliens] sommes forts parce qu’on nous a forcés à être forts, mais nous avons besoin de l’aide de tout le monde pour préserver un Etat juif démocratique ».

En partageant l’histoire de sa famille qui a immigré, Rivlin a plusieurs fois amené le sujet de la nature unique d’Israël qui est le seul Etat juif du monde.

Rivlin a raconté aux personnes présentes que ses ancêtres, étudiants du Gaon de Vilna, ont immigré à Jérusalem en 1809 par respect au désir de leur professeur qui souhaitait une forte présence juive là-bas pendant l’année où selon le calendrier hébreu, il y aurait l’appel mystérieux du Shofar qui sonnerait l’arrivée du Messie.

« Par ailleurs, il n’est toujours pas arrivé, et nous allons toujours au lit avec nos chaussures pour être les premiers à l’accueillir. Bien sûr, nous devons changer nos draps tous les matins », a-t-il plaisanté.

« C’est notre seule patrie », a affirmé Rivlin, en redevenant sérieux, au groupe d’Amérique du Nord. « Nous n’avons pas d’autres terres que la Terre promise ».