Le président Reuven Rivlin a exprimé sa « tristesse et le choc » qu’il a ressenti jeudi à l’annonce d’un incendie apparemment criminel et de la découverte d’inscriptions haineuses sur un bâtiment appartenant à l’Eglise grecque-orthodoxe à Jérusalem plus tôt dans la journée, a indiqué son porte-parole.

Il s’est entretenu au téléphone avec le patriarche Théophile III de Jérusalem et lui a fait de son indignation en lui précisant que cela était « inconcevable qu’un tel acte puisse arriver dans une maison de prière, c’est un crime haineux, il doit y avoir une enquête et les responsables seront traduits en justice ».

Le président a ajouté que les auteurs de cet acte « n’ont pas seulement menacé de mettre le feu à un lieu de culte saint pour nous tous, mais en mettant le feu sur le baril de poudre régional sur lequel nous sommes tous assis ».

L’incendie a débuté à environ 4 heure du matin dans les toilettes de l’immeuble, un séminaire grec-orthodoxe près du mont Sion, en dehors de la Vieille Ville de Jérusalem.

Des actes de vandalisme ont aussi été perpétrés sur place. On a retrouvé sur les murs des graffitis ultra-nationalistes et racistes.

Photo des toilettes incendiées au séminaire grec orthodoxe à Jérusalem le 26 février 2015 (Crédit : Jerusalem Fire Department)

Photo des toilettes incendiées au séminaire grec orthodoxe à Jérusalem le 26 février 2015 (Crédit : Jerusalem Fire Department)

« Jésus est un fils de pute » et « Rédemption de Sion » faisaient notamment partie des phrases inscrites sur les murs aux alentours des toilettes.

Trois équipes de pompiers ont été appelées au séminaire, qui se trouve près de la porte de Jaffa de la Vieille Ville. Ils ont rapidement maîtrisé l’incendie parvenant ainsi à sauver le reste de l’immeuble.

Les pompiers ont fouillé les lieux mais n’ont trouvé aucun suspect sur place.

« La protection et la conservation des sites saints, aussi bien saint pour nous que saint pour les autres, est notre obligation en tant qu’Etat et en tant que société, et nous ne pouvons permettre que de telles attaques sabotent le tissu commun de nos vies ici, s’est insurgé Rivlin. Il en va de notre responsabilité à tous de mettre fin à ces actes horribles ».

La police de Jérusalem a ouvert une enquête pour crime de haine.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat a condamné l’attaque.

« Il n’y a pas de place pour ce genre d’activité déplorable à Jérusalem. Nous devons mettre fin à ce comportement et faire comparaître les responsables devant la justice », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Photo des toilettes incendiées au séminaire grec orthodoxe à Jérusalem le 26 février 2015 (Crédit : Jerusalem Fire Department)

Photo des toilettes incendiées au séminaire grec orthodoxe à Jérusalem le 26 février 2015 (Crédit : Jerusalem Fire Department)

Ce n’est pas le premier cas de vandalisme sur un site chrétien.

Il y a deux mois, la police a arrêté un Juif de 21 ans qui aurait endommagé une croix et une sculpture de l’abbaye de la Dormition à Jérusalem.

Au mois de mai dernier, juste avant l’arrivée du pape François en Israël, des vandales avaient tagué des slogans anti-chrétiens sur une église catholique.

Mercredi, une mosquée avait été endommagée dans un village palestinien proche de Bethléem, en Cisjordanie, et on a retrouvé des graffitis anti-arabes sur les murs de la mosquée.

Les fidèles se rendant à la prière à la mosquée de Jaba, qui se situe à l’ouest de Bethleem, ont découvert le feu et l’ont rapidement éteint. La moquette et les murs à l’intérieur ont été endommagés. Aucun blessé n’a été signalé.

Les témoins affirment que les slogans étaient rédigés en hébreu et qu’ils appelaient à se venger des Arabes et des Musulmans en s’attaquant à eux.

Les Palestiniens sur place imputent cette attaque aux résidents des implantations.

La Liste arabe unie a publié un communiqué dans lequel le parti condamne l’incendie de jeudi et les attaques du « Prix à payer » contre les sites musulmans et chrétiens.

Les criminels responsables de ces attaques, affirme le parti, « sont renforcés par l’atmosphère raciste et fasciste qui règne dans les rues juives, sous les auspices des partis d’extrême-droite ».

Le parti a ajouté que « ces actions s’inspirent du gouvernement qui a mis en place des politiques claires de discrimination, d’exclusion et d’oppression ».